JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 18 décembre 2025 (n° 81/2025) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 222/2025 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Penal, 18 décembre 2025)
Décision commentée : ATSJAD 222/2025 (ECLI:AD:TSJADAD:2025:222A), Aute 92-2025 du 18 décembre 2025 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par sentence du Tribunal de Corts du 16 juillet 2025, devenue ferme le 5 septembre 2025, M. Azorin a été reconnu auteur d'un délit mineur de désobéissance grave à l'autorité administrative. Il a été condamné à deux mois d'arrêts nocturnes conditionnels, avec un sursis de deux ans, et à la privation complémentaire du permis de conduire pour une durée de six mois. Il a également été condamné aux dépens, sans responsabilité civile.
Le 6 octobre 2025, son avocat a sollicité une autorisation de conduire du lundi au vendredi, de 9h00 à 20h00, afin d'assurer la distribution des produits de la société ORG_0, dont le condamné est administrateur. Cette société est titulaire du commerce ORG_2, qui vend des produits alimentaires emballés, des produits réfrigérés et du charbon végétal. Selon la décision, la société n'emploie aucun salarié. La demande était accompagnée d'une attestation émise par l'entreprise.
Par aute du 24 octobre 2025, le Tribunal de Corts a rejeté cette demande. La défense a interjeté appel, en faisant valoir que le certificat établissait pleinement les nécessités professionnelles et que la sanction du délit était purement administrative. Le ministère public s'est opposé à l'appel. Il soutenait que la nécessité de conduire n'était pas démontrée, que le certificat ne décrivait pas suffisamment les tâches et n'expliquait pas l'impossibilité de recourir à des moyens alternatifs, et il relevait trois antécédents pénaux du condamné, dont deux liés à la conduite.
La Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia, composée de Mme Anna Estragués Armengol (présidente), M. Yves Picod (rapporteur) et Mme Fàtima Ramírez Souto, a été saisie de l'appel.
Question de droit
La question posée était de savoir si, pendant l'exécution d'une peine de privation du permis de conduire, le juge peut autoriser le condamné à conduire pour des motifs professionnels, et selon quels critères. Plus précisément, la juridiction devait arbitrer entre la nécessité professionnelle alléguée par le condamné et l'exigence de sécurité routière.
Le cadre normatif invoqué est l'article 208, alinéa premier, du Codi de procediment penal, relatif à l'exécution des pe
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 24-10-2025 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguida per un delicte menor de desobediència greu a l'autoritat administrativa, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent el magistrat Sr. Yves PICOD. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 18 de desembre del 2025 - ROJ: ATSJAD 222/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: Per sentència del Tribunal de Corts de data 16/07/2025, recaiguda en el marc de la causa núm. 6000127/2024, i esdevinguda ferma en data 05/09/2025, es condemnà Azorin, nascut el 30/07/1985 a Chieti, Itàlia, fill de Sanz i de Pla, de nacionalitat italiana, com autor responsable d'un delicte menor de desobediència greu a l'autoritat administrativa, sense que concorrin circumstàncies modificatives de la responsabilitat criminal, a les penes de dos (2) mesos d'arrest nocturn condicional, amb un termini de suspensió de la condemna de dos anys, i la complementària … »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 18 décembre 2025 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.