OTBAT 1550/2024 (ECLI:AD:TBATAD:2024:1550)
Décision commentée : OTBAT 1550/2024 (ECLI:AD:TBATAD:2024:1550) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La présente décision émane de la Batllia d'Andorre-la-Vieille (siège d'Andorre-la-Vieille, recours n° 263/2024, date de résolution du 29 février 2024). Il s'agit d'une ordonnance pénale (ordenança penal) rendue par le batlle en fonctions de garde, à la suite de la mise à disposition judiciaire d'un prévenu, M. Carnero, par le service de police (rapport n° J-2434/24).
Selon les diligences rapportées dans les « Antecedents de fet », les faits se sont produits la veille, vers 19 h 54, dans une localité dont le nom n'est pas précisé dans la décision (« XXX » dans le texte anonymisé). M. Carnero avait stationné son véhicule sur le trottoir, à proximité d'un commerce. Un piéton, qui passait à pied, lui reprocha ce stationnement, le véhicule gênant son passage. Une discussion s'ensuivit, dégénérant en une altercation physique réciproque, avec coups de poing et bousculades. Au cours de cette altercation, M. Carnero saisit une canne télescopique de randonnée (« pal de muntanya retràctil ») rangée dans son véhicule et en frappa la victime à la tête à deux ou trois reprises, selon un témoin direct. La décision précise que l'enregistrement vidéo confirme la prise en main de l'objet, sans toutefois en détailler le contenu.
Le rapport médical de l'hôpital Nostra Senyora de Meritxell mentionne, pour M. Carnero, une ecchymose avec hématome naissant à l'œil gauche et une érosion linéaire superficielle à la commissure gauche des lèvres, sans nécessité de soins médicaux. La décision ne précise pas les lésions subies par la victime. Le casier judiciaire de M. Carnero ne porte aucune mention. Une consultation préalable du ministère public et de l'avocat de garde a été effectuée conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale.
Question de droit
La décision soulève, de manière implicite, plusieurs questions :
- La qualification pénale : les faits constituent-ils le délit majeur de lésions « emprant un objecte amb perill de causar lesions més greus a la víctima », prévu et réprimé par l'article 115.2 du Code pénal ?
- La responsabilité pénale : l'auteur, M. Carnero, doit-il être déclaré responsable en qualité d'auteur, en l'absence de toute circonstance modificative ?
- La responsabilité civile ex delicto : son règlement peut-il être différé à la période d'exécution, en application des articles 163 et 238 du Code de procédure pénale ?
- La confiscation de l'instrument du délit : l'article 70 du Code pénal justifie-t-il le commis de la canne télescopique ?
La décision ne traite pas expressément de la question d'une éventuelle légitime défense ou de la responsabilité partagée dans la rixe, ni de la proportionnalité de la riposte. Ces points ne sont ni soulevés ni discutés dans les motifs (Considerants).
Solution et dispositif
Le juge retient la qualification de l'article 115.2 du Code pénal (Considérant I) et estime que les éléments recueillis suffisent à retenir M. Carnero comme auteur responsable (Considérant II). Il rappelle que toute personne pénalement responsable l'est également civilement lorsque le fait génère des dommages (Considérant III, par renvoi à l'article 90 et suivants du Code pénal). Il décide de réserver la fixation de cette responsabilité à la période d'exécution, conformément à l'article 163 du Code de procédure pénale (Considérant III, alinéa 2 et