Batllia d'Andorre, ordonnance pénale du 16 mars 2024 (OTBAT 1004/2024)
Décision commentée : Batllia d'Andorre (Andorra la Vella), ordonnance pénale, 16 mars 2024, ROJ OTBAT 1004/2024, ECLI:AD:TBATAD:2024:1004 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans la nuit du 16 mars 2024, vers 00h34, des agents du service de police procèdent à un contrôle routier. Ils interceptent M. Bermudez, né en 2001 à Girona (Espagne), de nationalité espagnole et résident en Principauté, alors qu'il conduit un véhicule Seat Leon immatriculé en Espagne. Les agents constatent des symptômes évidents d'une consommation d'alcool. Un éthylotest effectué à 00h36 révèle un taux de 0,99 g/l/s.
Le registre des antécédents pénaux ne mentionne aucune condamnation antérieure. La décision relève qu'une consultation préalable a été menée avec le Ministère public et l'avocat de garde, conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale (CPP).
La juge de garde, la batlle Stéphanie Garcia Garcia, statue par voie d'ordonnance pénale (ordenança penal), procédure simplifiée qui permet de sanctionner un délit mineur sans audience contradictoire préalable. Le texte ne précise pas la motivation de la mesure de garde à vue. Il indique seulement que la personne a été « posée à disposition judiciaire » à la suite du rapport de police.
La qualification retenue est celle de délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l/s, prévu et réprimé par l'article 268.1 du Code pénal, issu de la loi qualifiée 9/2005 du 21 février 2005.
Une incohérence doit être signalée : le résumé automatique de la décision indique que le prévenu est âgé de 21 ans, alors que la date de naissance mentionnée dans le corps du texte (30/09/2001) conduit à un âge de 22 ans à la date de la décision. Le commentaire retient la date de naissance, qui figure dans le texte de la décision.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
Première question : les faits établis (conduite d'un véhicule avec un taux d'alcool de 0,99 g/l/s, constaté par éthylotest) suffisent-ils à caractériser le délit mineur de l'article 268.1 du Code pénal, et la responsabilité pénale de l'auteur est-elle engagée sans circonstance modificative ? Le juge retient que « le résultat des diligences pratiquées est suffisant pour croire » le prévenu pénalement responsable en qualité d'auteur, « sans que concourent des circonstances modificatives de la responsabilité pénale » (Considérant I).
Seconde question : dans quelles conditions une sanction peut-elle être prononcée par voie d'ordonnance pénale, avec un sursis partiel et des peines cumulées ? Le Considérant II renvoie à l'article 163 et aux dispositions concordantes du CPP, sans que le texte expose le raisonnement propre à cette procédure.
Solution et dispositif
Le juge déclare le prévenu coupable du délit mineur et prononce les sanctions suivantes :
- la levée de la détention gouvernementale (point Premier) ;
- une peine d'un mois d'arrêt nocturne (arrêt partiel journalier), avec sursis pendant deux ans ;
- une privation du permis de conduire pendant cinq mois ;
- une amende de cent cinquante euros (150 EUR) ;
- la condamnation aux frais de procédure.
Le dispositif se lit, dans la traduction fidèle du catalan, de la manière suivante :
« Segon. Condemnar a Bermudez, com autor responsable d'un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 g/l/s previst i penat a l'article 268.1 del Codi penal, sense que concorrin circumstàncies modificatives de la responsabilitat penal, a la pena d'un (1) mes d'arrest nocturn (arrest parcial diari) condicional, amb un termini de suspensió de la condemna de dos (2) anys, a una pena de privació del permís de conduir per un període de cinc (5