OTBAT 435/2025 (ECLI:AD:TBATAD:2025:435)
Décision commentée : OTBAT 435/2025, Batllia d'Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale du 24 mars 2025, Rec. 205/2025 (ECLI:AD:TBATAD:2025:435) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Selon l'ordonnance, des agents de police sont intervenus, dans la nuit du 23 au 24 mars 2025, à l'hôtel de Pas de la Casa, à la suite d'une dispute entre un ressortissant britannique, M. Daniel Badía, et sa compagne d'une part, et le réceptionnel de l'établissement, M. Carranza, d'autre part. Le réceptionniste déclare que M. Badía l'aurait menacé de mort, au motif, selon lui, d'une supposée relation entre la compagne de l'intéressé et ce dernier, relation que le réceptionniste nie. Les deux membres du couple paraissent alors en fort état d'ébriété.
Lors de la prise en charge, M. Badía adopte un comportement agressif : il refuse de se vêtir, profère des insultes et des menaces, et se débat avec force lorsqu'on tente de le menotter. Quatre agents sont nécessaires pour le maîtriser. Durant le transfèrement vers le poste central, il parvient à détacher sa ceinture de sécurité et brise à coups de pied la vitre arrière droite du véhicule de police. Il n'a pas d'antécédents pénaux.
Le juge de garde, saisi de l'affaire, a été informé par le rapport du service de police, puis une consultation préalable a été menée avec le ministère public et l'avocate de garde, conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale (CPP), selon la décision elle-même. La procédure suivie est celle de l'ordonnance pénale, qui permet le prononcé d'une condamnation sans audience contradictoire pour les infractions considérées comme mineures.
Question de droit
La décision soulève trois questions. La première est celle de la qualification pénale des faits : le juge retient trois délits mineurs, à savoir des injures graves envers l'autorité (art. 174 du Code pénal, CP), une résistance et désobéissance à l'autorité (art. 397 CP) et des menaces non conditionnelles (art. 143 CP). La deuxième concerne la responsabilité civile ex delicto, fondée sur l'article 94 CP. La troisième porte sur le cadre procédural : le recours à l'ordonnance pénale (art. 163 et s. CPP), l'effet sur la détention et les conséquences de l'inscription au casier judiciaire (art. 165 CPP).
La décision ne développe pas les éléments constitutifs de chaque infraction. Elle se borne à affirmer que « le résultat des diligences pratiquées est suffisant pour croire » M. Badía pénalement responsable. Le texte ne précise donc pas, par exemple, la distinction retenue entre les menaces et les injures, ni la manière dont le juge a apprécié l'état d'ébriété de l'intéressé au regard de l'imputabilité.
Solution et dispositif
Le juge de garde prononce une condamnation pour les trois délits, aux termes du dispositif suivant, traduit fidèlement du catalan :
« Primer.- Deixar sense efecte la detenció practicada pel Servei de Policia de Badía. »
« Segon.- Condemnar Badía, com a autor responsable del delicte d'injúries greu vers a l'autoritat, de resistència i desobediència a l'autoritat, i d'amenaces no condicionals, a la pena de TRES (3) MESOS D'ARREST DOMICILIARI CONDICIONAL, amb un termini de suspensió de la condemna per un període de DOS (2) ANYS. »
« Tercer.- Condemnar Badía al pagament de la responsabilitat civil,