Juridiction andorrane, — (OTBAT 227/2025)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (OTBAT 227/2025 ; ECLI:AD:TBATAD:2025:227) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision émane de la Batllia (tribunal de premier degré) d'Andorra-la-Vieille, en date du 22 octobre 2025. Elle revêt la forme d'une ordonnance pénale (ordenança penal), rendue par le Batlle (juge unique) Sergi Costa Gonçalves dans le cadre du recours enregistré sous le numéro 3000495/2025.
Les faits, tels qu'exposés dans la décision, sont les suivants. Le 22 décembre 2023, le prévenu a été contrôlé alors qu'il conduisait une motocicleta, après un accident de la circulation n'impliquant aucun autre véhicule ni aucune autre personne. Un test salivaire (drogotest) s'est révélé positif au THC. Le prévenu ayant contesté ce résultat, un prélèvement sanguin a été réalisé ; l'analyse du laboratorium désigné a révélé une concentration de 2,7 ng/ml de THC. Le prévenu a déclaré avoir consommé une substance stupéfiante la veille à Valence (Espagne). La décision relève que, compte tenu de la quantité détectée, cette explication ne paraît pas plausible.
Les investigations ont été ouvertes le 12 août 2024, à la suite d'un rapport de police daté du 2 juillet 2024 (rapport J-8442/23). Le registre des antécédents pénaux ne mentionne aucune condamnation computable. Le texte indique qu'une consultation préalable a été menée avec le Ministère public et l'avocat, conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale.
La décision ne précise pas l'identité exacte du prévenu : elle le désigne sous le nom d'« Águila » dans le corps de l'ordonnance et sous celui de « Daza » dans l'exposé des faits, ce qui constitue une incohérence du texte publié qu'il convient de relever.
Question de droit
La décision soulève, de manière implicite, deux questions.
La première est d'ordre substantiel : la présence de THC dans le sang, à la concentration de 2,7 ng/ml, et la conduite d'un véhicule automobile suffisent-elles à caractériser le délit mineur de conduite de véhicule automobile sous l'effet de stupéfiants, prévu et puni par l'article 268.1 du Code pénal ? Les considérants retiennent que « des éléments suffisants » permettent de tenir le prévenu pour responsable pénalement en qualité d'auteur, sans circonstance modificative.
La seconde est d'ordre procédural : une ordonnance pénale est-elle un instrument approprié pour statuer sur cette infraction, compte tenu des garanties liées à la consultation préalable du Ministère public et de l'avocat, et des voies de recours ouvertes (article 165 du Code de procédure pénale) ?
Le texte ne contient pas de développement théorique sur les seuils de concentration, ni sur la preuve scientifique de la consommation récente. La motivation est, sur ces points, très concise.
Solution et dispositif
Le juge déclare le prévenu coupable du délit mineur précité et prononce les sanctions suivantes. Nous reproduisons ci-après le dispositif dans une traduction fidèle du catalan vers le français :
« Primer. Condamner [le prévenu], en qualité d'auteur responsable d'un délit mineur de conduite de véhicule automobile sous l'effet de drogues, prévu et puni par l'article 268.1 du Code pénal, sans circonstance modificative de la responsabilité pénale, à la peine d'UN MOIS D'ARRÊT NOCTURNE CONDITIONNEL SIMPLE, AVEC UN DÉLAI DE SUS