STCOR 49/2010 (ECLI:AD:TCORAD:2010:49)
Décision commentée : Tribunal de Corts d'Andorre, sentence du 28 mai 2010, ROJ STCOR 49/2010, recurs JM-022-5/08 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits retenus par le Tribunal unipersonnel de mineurs sont les suivants. Le 3 juin 2008, vers 17 h 30, la victime, une mineure prénommée Galan, se trouvait dans un autobus de transport scolaire assurant le trajet entre le Lycée Comte de Foix d'Andorre-la-Vieille et La Massana. Elle reçut à la face un coup porté par la partie inférieure de la main d'un passager, le mineur Almansa, et heurta la fenêtre du véhicule. Il en résulta une fracture fermée des os propres du nez, ayant nécessité une contention par attelle plâtrée pendant quinze jours et un temps de guérison de quatre semaines, selon le rapport du Service de médecine légale et légale figurant aux folios 142 et suivants.
Le ministère public exerça l'action civile conjointement à l'action pénale, conformément à l'article 18 de la loi qualifiée de modification du Code de procédure pénale. Par acte de mineurs du 30 novembre 2009, le Tribunal unipersonnel de mineurs retint la qualification de délit majeur de lésions dolosives, au sens de l'article 113, alinéa 3, du Code pénal, et prononça trois dispositions : une mesure disciplinaire d'obligation de demeurer au domicile familial pendant huit week-ends, une mesure éducative de liberté surveillée avec assistance éducative pendant huit mois, et une indemnisation de 2 400 euros, due par le mineur et, subsidiairement, par ses parents.
L'avocate du mineur interjeta appel sur le fondement des articles 42 et 54 de la loi qualifiée de juridiction des mineurs. Elle contestait l'appréciation des preuves, soutenant que l'autorité du mineur n'était pas suffisamment établie, en raison de l'inimitié alléguée des témoins et de leur participation supposée à un « jeu » d'agression. À titre subsidiaire, elle demandait la réduction de l'indemnité à un montant compris entre 1 700 et 2 000 euros, ainsi que la réduction de la mesure de domicile à quatre week-ends. Le ministère public conclut au rejet de l'appel.
Question de droit
La décision soulève deux questions. La première porte sur l'étendue du contrôle exercé par la juridiction d'appel sur l'appréciation des preuves par le juge de première instance, lorsque celles-ci consistent principalement en des témoignages. La seconde concerne le contrôle de la proportion des mesures disciplinaires et éducatives prononcées, ainsi que du montant de l'indemnisation civile.
Solution et dispositif
Le Tribunal de Corts rejette l'appel sur les deux points. Il rappelle que la juridiction d'appel peut, en principe, réviser l'appréciation de la preuve, mais que cette faculté doit « s'exercer toujours avec mesure », et seulement lorsque l'erreur d'appréciation est « tout à fait évidente ». Cette hypothèse est plus courante pour les preuves expertales ou documentaires que pour les déclarations des impliqués et des témoins, dont la valeur dépend de manière décisive du principe d'immédiateté. Le Tribunal relève en outre que la défense avait déjà contesté la qualité des témoignages devant le premier juge, lequel avait examiné cette question, et que l'inimitié alléguée n'était pas démontrée à l'audience.
S'agissant de la sanction, la juridiction d'appel relève que la mesure a été fixée au regard des circonstances personnelles, familiales et soci