ATSJAD 142/2008 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 29 février 2008)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, aute du 29 février 2008 (ROJ : ATSJAD 142/2008 ; ECLI:AD:TSJADAD:2008:142A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige trouve son origine dans une facture de consommation d'eau adressée par la Comú d'Andorra la Vella à la requérante, Mme Machado, pour une somme de 2 548,46 euros. L'avis de paiement est daté du 11 mai 2004. La requérante en a contesté le bien-fondé, mais sa demande a été rejetée par la sentence du Batlle (tribunal de première instance) du 20 septembre 2005. La Sala Administrativa du Tribunal Superior de Justícia a confirmé cette solution par sentence du 24 avril 2006. Le litige est ainsi devenu définitif à cette date.
Le Batlle a ensuite prononcé une providencia d'exécution le 27 mars 2007, notifiée le 4 avril 2007. La requérante a demandé la suspension de cette exécution par un recours du 3 mai 2007. Par aute du 11 octobre 2007, le Batlle a rejeté cette demande et a arrêté un calendrier de paiement fractionné. Le 14 novembre 2007, la requérante a introduit devant le Tribunal Superior un incident d'exécution contre cet aute.
Pour soutenir sa demande, la requérante invoquait la difficulté que représentait pour elle le paiement d'une somme imprévue, relative à une consommation qu'elle affirmait ne pas avoir réalisée ni connue. La Comú, défenderesse, opposait trois arguments principaux : l'irrecevabilité de la demande, les délais de recours étant expirés ; l'absence de preuve des difficultés financières alléguées ; et le caractère non imprévisible de la dette, puisque l'avis de paiement remontait à mai 2004.
Le Tribunal Superior devait donc statuer sur le bien-fondé de l'incident, la juridiction de premier degré ayant déjà tranché la question de fond.
Question de droit
La décision pose une question de droit circonscrite : dans quelles conditions la suspension de l'exécution d'une décision de la juridiction administrative et fiscale peut-elle être accordée ?
Le Tribunal fonde son raisonnement sur l'article 108 de la Llei de la jurisdicció administrativa i fiscal du 15 novembre 1989, dont il reproduit le texte dans les termes suivants :
« la suspensió d'execució d'una sentència de la jurisdicció administrativa i fiscal només podrà acordar-se per les causes de perill de pertorbació greu de l'ordre o detriment irreparable de les finances públiques ».
La question se décompose en deux points. Le premier est de savoir si l'allégation de difficultés de paiement du débiteur entre dans l'une de ces deux causes légales. Le second est de savoir si la preuve de ces difficultés incombe au requérant et quelle intensité elle doit avoir. Accessoirement, la décision traite du sort des frais lorsque la demande est jugée téméraire.
Solution et dispositif
Le Tribunal rejette l'incident d'exécution et confirme l'aute du Batlle. Son raisonnement repose sur trois constats.
En premier lieu, la requérante n'apporte aucun élément probatoire établissant que le paiement lui causerait un préjudice important. Le Tribunal relève qu'elle « es limita en establir afirmacions que no es recolzen en cap fet probatori ». Les allégations ne sont donc pas étayées au regard de la condition légale tirée de l'atteinte aux finances publiques ou de l'ordre public.
En second lieu, la dette n'était pas inconnue de la requérante. L'avis de paiement date du 11 mai 2004, et la décision est devenue définitive après l'