ATSJAD 40/2012 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, 30 avril 2012)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, Aute du 30 avril 2012, ATSJAD 40/2012, ECLI:AD:TSJADAD:2012:40A, recours A211/11 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans la demande (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été complétée à partir des métadonnées figurant dans le texte intégral de la décision.
Faits et procédure
La société F., S.A. avait effectué, dans le cadre de deux procédures distinctes (D-0128-5/2010 et D-0094-5/2011), des dépôts de sommes au profit de la société C., S.A. Un conflit opposait deux associés de cette dernière, M. Plana et Mme Campillo, chacun se prévalant du pouvoir de représenter la société. Mme Campillo avait adressé à la débitrice une demande tendant à ce que les paiements soient effectués sur des comptes courants déterminés ou, en cas de chèque bancaire, remis à elle seule en qualité de « seule mandataire » de C., S.A.
Par un Aute du 13 mai 2011, le Batlle, siégeant en tribunal unipersonnel, a joint les deux procédures, ordonné la consignation judiciaire de la somme de 6 041,21 euros « fins a la resolució del litigi sobre la representació de la societat », rejeté les demandes formulées par M. Plana dans son écrit du 19 avril 2011 et ordonné la communication de cet écrit aux parties.
M. Plana a interjeté appel le 28 juillet 2011, sollicitant la révocation de l'Aute. F., S.A. a conclu au prononcé de la décision appropriée avec condamnation aux dépens ; C., S.A. a conclu au rejet du recours avec condamnation de l'appelant aux dépens. La cause a été examinée par la Sala Civil, le magistrat rapporteur étant M. Joan Manel Abril Campoy.
Question de droit
Deux questions se trouvaient au cœur du litige.
La première concernait la validité, au regard du principe de libération du débiteur, de la consignation judiciaire d'une créance lorsque le débiteur ignore à qui il doit valablement payer, en raison d'une controverse sur la représentation du créancier personne morale. Le recourant soutenait, en substance, que le paiement devait être effectué par remise des chèques au domicile social, ou directement entre les mains de l'associé qu'il désignait.
La seconde portait sur la recevabilité et le bien-fondé des prétentions subsidiaires de l'appelant, tendant à la remise des sommes à sa personne ou à l'émission d'un chèque à l'ordre de C., S.A., remis à son représentant légal.
S'y ajoutait une question accessoire relative à la répartition des dépens dans une procédure de juridiction volontaire.
Solution et dispositif
La Sala Civil écarte l'argumentation de l'appelant. Elle retient que F., S.A. avait connaissance de la controverse entre les deux associés, chacun revendiquant la représentation de la société, et qu'elle a légitimement cherché à se libérer de son obligation tout en se prémunissant contre des actions ultérieures liées à un paiement effectué entre les mains d'un mandataire potentiellement dépourvu de pouvoir. La