Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), Aute n° 66-2014, 27 novembre 2014 (ROJ : ATSJAD 171/2014 ; ECLI:AD:TSJADAD:2014:171A)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, Aute n° 66-2014, 27 novembre 2014, ROJ ATSJAD 171/2014 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, elle a été reconstituée à partir des seules mentions figurant dans le texte intégral (numéro d'arrêt, date, ROJ et ECLI). Les extraits en catalan sont traduits par nos soins.
Faits et procédure
La décision porte sur le maintien en détention provisoire d'une personne physique, Mme Tejera, de nationalité espagnole, déclarée processée par un auto du 8 juin 2013 pour un délit majeur qualifié continué de trafic de stupéfiants (cocaïne et marijuana, diffusés dans des lieux de loisirs et en grande quantité, auprès de majeurs comme de mineurs) et pour association illicite.
Incarcérée depuis le 8 juin 2013, elle a vu sa détention provisoire prorogée les 8 octobre 2013 et 8 février 2014. À l'issue de l'instruction (sumari), le Tribunal de Corts a, le 4 juin 2014, maintenu la détention ; la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia l'a confirmée par un auto du 25 juin 2014.
Le 29 octobre 2014, la défense a sollicité la mise en liberté provisoire. Le Tribunal de Corts l'a refusée par un auto du 5 novembre 2014. La recourante a interjeté appel en invoquant : (i) l'absence de preuves concluantes de sa participation aux faits ; (ii) l'absence de risque de fuite, dès lors qu'elle réside et travaille en Principauté, où elle vit avec son mari et ses trois enfants ; (iii) son état de santé, qui commanderait sa remise en liberté. Le ministère public s'est opposé au recours, estimant la détention nécessaire pour éviter la soustraction à la justice et garantir la comparution au procès.
La procédure se trouvait alors en phase de qualification (qualificació provisional), la cause étant pendante devant le Tribunal de Corts au titre de l'article 123 (texte non reproduit dans la décision).
Question de droit
La question posée à la Sala Penal était de savoir si le maintien en détention provisoire d'un prévenu en phase de qualification demeure justifié lorsque la défense conteste la consistance des indices, invoque un ancrage personnel et familial au territoire et fait valoir un état de santé dégradé.
Plus précisément, la juridiction devait déterminer :
- le standard probatoire requis pour fonder la détention provisoire, par opposition à la preuve nécessaire à la condamnation ;
- la manière d'apprécier le risque de fuite, et en particulier le rapport entre la gravité des peines encourues et l'arrêt personnel, professionnel et familial de l'intéressée ;
- l'incidence éventuelle de l'état de santé de la détenue sur la mesure.
Solution et dispositif
La Sala Penal rejette l'appel et confirme le maintien en détention. Son raisonnement comporte quatre temps.
Sur les indices. La juridiction rappelle qu'il suffit, à ce stade, « l'existència d'indicis o motius raonables » de participation aux faits. Elle distingue la preuve pleine,