Décision commentée : ATSJAD, Penal, 5 février 2020 (ROJ : ATSJAD 39/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:39A)
Décision commentée : ATSJAD, Penal, 5 février 2020 (ROJ : ATSJAD 39/2020 ; ECLI:AD:TSJADAD:2020:39A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans une affaire pénale instruite par le Batlle de guàrdia (juge de garde) des Vegueries andorranes, les consorts Codina, Arnau, Briones et Galván, représentés par Me Castillo, ont interjeté appel le 21 septembre 2018 contre un aute du 17 septembre 2018. Le recours relevait de la procédure urgente et préférentielle prévue à l'article 41.1 (dont le contenu n'est pas reproduit dans la décision).
L'essentiel de la procédure d'appel a été consacré à des incidents de nature procédurale, qui ont retardé l'audience :
- désignation d'une magistrate rapporteure, Mme Marie Conte (4 octobre 2018), suivie de demandes de récusation visant plusieurs magistrats (5 octobre 2018, puis 11 octobre 2018) ;
- suspension de la cause (12 octobre 2018), levée le 30 novembre 2018 après rejet des récusations ;
- incidents de nullité d'actuacions successifs, tous rejetés (25 octobre, 9 novembre, 23 novembre et 27 novembre 2018) ;
- admission de l'appel par aute du 14 décembre 2018 et fixation d'une audience, reportée à plusieurs reprises (17 décembre 2018, 16 janvier 2019 en raison d'un recours d'amparo contre le rejet d'une récusation, puis 28 octobre 2019 en raison de la récusation des magistrats du ministère public dans une autre procédure) ;
- une audience finalement fixée au 23 janvier 2020.
La décision relève également qu'un recours d'amparo formé contre le rejet de la récusation de Mme Conte a été écarté par le Tribunal constitutionnel le 9 septembre 2019. Le lien entre cette décision et la solution commentée n'est toutefois pas développé dans l'aute.
À l'ouverture de l'audience du 23 janvier 2020, la partie appelante s'est désistée de son recours, sans que le ministère public (Ministeri Fiscal) s'y oppose.
Question de droit
La question posée à la Sala Penal du Tribunal superior de justícia était, en substance, de savoir quelle conséquence attacher au désistement exprès d'un appel pénal formé après une longue phase d'incidents, mais avant le début de l'audience d'appel. Plus précisément, il s'agissait de déterminer si le désistement, intervenu à ce stade, entraîne l'extinction de l'instance d'appel, la fermeté de la décision attaquée et la condamnation de l'appelant aux dépens.
Le fondement invoqué est l'article 202 du Code de procédure pénale andorran. Selon le considérant unique, cet article permet à la partie recourante de se désister expressément de son recours « fins el moment de la vista oral ». Le texte ne reproduit pas le contenu complet de cette disposition ; seule sa portée, telle que retenue par la juridiction, est exposée.
Solution et dispositif
Le considérant unique énonce que, conformément à l'article 202, la partie recourante peut se désister de son recours jusqu'au moment de l'audience ; que la décision attaquée devient alors ferme ; et que les frais de procédure sont mis à la charge de la partie appelante.
Le dispositif est ainsi rédigé (traduction fidèle du catalan) :
« Premier.- Tenir pour désistés du recours d'appel formé par la représentation processuelle des consorts Codina, Arnau, Briones, Galván en date du 21 septembre 2018 et procéder à l'archivage de la cause.
Second.- Condamner la part