Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, Sentència 9/2021, 2 mars 2021 (ROJ : STSJAD 54/2021 ; ECLI:AD:TSJADAD:2021:54) (Lire sur source officielle)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, Sentència 9/2021, 2 mars 2021 (ROJ : STSJAD 54/2021 ; ECLI:AD:TSJADAD:2021:54) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 20 décembre 2019, vers 20 h 20, une ressortissante andorrane, sans antécédents pénaux, est contrôlée à la frontière du Runer alors qu'elle entre dans la Principauté à bord de son véhicule Volkswagen, en provenance de La Seu d'Urgell. Interrogée, elle répond négativement à la question de la détention de stupéfiants. Les chiens de la unité canine du service de police, spécialisés dans la détection de stupéfiants, marquent de façon insistante le moteur et d'autres parties du véhicule, sans rien découvrir, ainsi que la zone génitale de la personne. Une fouille corporelle permet de découvrir, dissimulé dans ses parties génitales, un préservatif contenant 40,96 grammes de cocaïne répartis en deux emballages (26,813 grammes sous forme de roche et 14,153 grammes sous forme de poudre). Le produit, d'un prix déclaré de 2 000 euros, lui aurait été remis par un tiers non identifié et était destiné à la distribution à des tiers. La perquisition domiciliaire révèle en outre 0,7 gramme de haschich et 0,2 gramme de cocaïne.
Le Tribunal de Corts, par sentence du 22 décembre 2020, retient la prévenue comme auteure responsable des infractions suivantes : délit majeur d'introduction de stupéfiant (cocaïne) destiné à la vente, délit mineur continué de consommation et de possession pour usage personnel, et contravention pénale continuée de consommation de haschich. Elle est condamnée à trois ans d'emprisonnement, dont deux ans fermes et le reste avec sursis, assortis d'une amende de 300 euros pour la contravention. Le tribunal ordonne la confiscation et la destruction de la drogue saisie et la restitution des objets saisis, mais refuse la confiscation du véhicule.
Le ministère public interjette appel, sollicitant la confiscation du véhicule (ou, subsidiairement, le maintien de la saisie à titre de garantie du paiement de l'amende) et l'ajout d'une amende de 4 000 euros. La défense interjette également appel, demandant la requalification en délit mineur de l'article 284.1 du Code pénal, l'application de l'atténuation de l'article 287.2 et, subsidiairement, une peine réduite. Le ministère public conclut au rejet de l'appel de la défense (les moyens qu'il invoque ne sont pas détaillés dans la décision, point VI).
La Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia, composée de MM. Yves Picod (rapporteur et président) et de Mmes Marie Conte et Fátima Ramírez Souto, statue le 2 mars 2021 (recurs n° 10/21 ; numéro de rôle TSJP 0000010/2021 ; numéro de cause 6000061/2020).
Question de droit
La décision soulève quatre questions principales.
Première question : la qualification des faits. Le recours de la défense soutenait que les faits relevaient du seul délit mineur de consommation et de possession pour usage personnel (art. 284.1 CP). La Cour relève que la quantité de 40,96 grammes excède manifestement ce qu'un consommateur peut acquérir pour son usage propre. Elle retient en outre plusieurs indices : le mode de transport (dissimulation dans une zone intime, au moyen d'un préservatif remis par le vendeur lui-même, avec des instructions de passage de frontière), et l'absence de démonstration d'une consommation importante justifiant une telle acquisition. Ces éléments conduisent à retenir la finalité de trafic et à incriminer les faits sous l'article 282.1 CP, bien que la prévenue n'ait pas elle-même effectué la vente.
Deuxième question : la responsabilité et la participation. Il s'agit de savoir si la prévenue doit être tenue comme auteure