Cour d'Appel de Monaco, 28 avril 1951, n° 26804
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 28 avril 1951, n° 26804 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Au mois de juillet 1945, la goélette Intermondia, ancrée dans le port de Monaco, est détruite par une explosion. Après la Libération, la marine française avait détecté dans le port des mines abandonnées par les occupants. La décision précise que le navire a explosé « pour une cause » qualifiée de « mystérieuse » par les premiers juges. Les circonstances exactes de l'explosion ne sont pas établies, et la date précise de l'événement est retenue dans le texte comme le 2 juillet 1945.
La propriétaire de la goélette, avec la participation des compagnies d'assurances, a recherché la responsabilité de l'État monégasque en tant que gardien du port. Le Tribunal de première instance de Monaco, par jugement du 16 novembre 1950, a rejeté les demandes en paiement des dommages. Les appelants, à savoir Mme G. S., épouse séparée de biens de M. Q., et les compagnies d'assurances « l'Unité » et dix autres, ont interjeté appel. La Cour a ordonné la jonction de ces instances connexes.
Les expertises constituent l'élément central du dossier. Les experts Rimattei et Neu, ingénieurs de l'artillerie navale française commis par le juge d'instruction, n'excluent pas formellement l'hypothèse d'une explosion partie de l'Intermondia qui aurait, par influence, fait détonner une autre mine réputée inerte. Les experts des compagnies d'assurances concluent en revanche que les dommages ont « pour cause initiale une explosion partie de l'intérieur » du navire.
Observations sur le texte fourni : plusieurs divergences de dates et de graphie apparaissent entre les versions du texte. Le rapport des experts Rimattei et Neu est daté du 15 janvier 1945 dans le sommaire et du 15 janvier 1946 dans les motifs. L'arrêt du Tribunal suprême est daté du 25 avril 1950 dans le sommaire et du 26 avril 1950 dans les motifs. Le nom du navire est orthographié « Intermondia » ou « Intermodia ». Ces divergences n'affectent pas le raisonnement, mais la date exacte de l'arrêt du Tribunal suprême et celle du rapport d'expertise restent à vérifier sur la source officielle.
Question de droit
La Cour devait déterminer si la présomption de responsabilité pesant sur l'État, en qualité de gardien juridique du port, était détruite par un cas fortuit ou une force majeure, et si une faute d'un agent ou préposé de l'Administration était établie. Ce double questionnement reprend la structure du raisonnement : la responsabilité de plein droit du gardien, d'une part, la faute de service, d'autre part.
En amont, la Cour retient que les articles 1229 et 1231 du Code civil monégasque, correspondant aux articles 1382