Cour d'Appel de Monaco, 18 décembre 1984, n° 25065
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 18 décembre 1984, n° 25065 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte de caution solidaire et indivisible du 25 novembre 1976, Dame H. s'est engagée pour les dettes contractées par la S.A.R.L. « S.E.T. » envers la S.A. Usinor, pour la période du 25 novembre 1976 au 25 novembre 1977. Assignée le 27 septembre 1978, la caution a été condamnée par le Tribunal de première instance (jugement du 26 juin 1980), qui a désigné un expert-comptable pour chiffrer la dette. Cette décision a été confirmée par la Cour d'appel le 12 mai 1981.
Usinor a ensuite obtenu une ordonnance présidentielle du 10 décembre 1981 l'autorisant à prendre une inscription provisoire d'hypothèque sur un appartement appartenant à la caution. Par assignation du 22 décembre 1981, elle a saisi le Tribunal de première instance aux fins de paiement et d'application de l'article 762 ter du Code de procédure civile (dont le contenu n'est pas reproduit dans la décision).
Le rapport de l'expert, déposé le 1er juin 1982, a été homologué par jugement contradictoire du 27 octobre 1983. Le tribunal a joint les instances, rejeté la demande de sursis à statuer, condamné la caution à payer 527 665,26 francs avec intérêts au taux légal depuis le 27 septembre 1978, ainsi que 20 000 francs de dommages-intérêts, et déclaré régulière l'inscription hypothécaire.
Pour fonder le sursis, la caution faisait valoir qu'une tierce opposition, formée en France contre le jugement du Tribunal de commerce de Nice du 1er octobre 1979, était pendante devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence. Elle soutenait en outre que le rapport d'expertise était entaché d'erreurs, notamment en ce qu'il ne distinguait pas la S.A.R.L. « S.E.T. » de l'entreprise individuelle Cofrapid, exploitée par M. P. Elle sollicitait à titre subsidiaire la désignation d'un nouvel expert.
Usinor concluait à la confirmation et réclamait, par appel incident, 50 000 francs de dommages-intérêts pour appel abusif et dilatoire.
Question de droit
La Cour devait trancher trois points :
- Une demande de sursis à statuer fondée sur une procédure pendante devant une juridiction étrangère pe