Cour d'Appel de Monaco, 15 mars 2011, n° 509109
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 15 mars 2011, n° 509109 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une ordonnance de référé rendue le 17 juin 2009 fait l'objet d'un appel. L'appelante, désignée dans le texte par les initiales « Be. » (également notées « S. B. » dans l'exposé de la demande), a formé appel par exploit du 30 juin 2009 et sollicite la réformation de cette ordonnance. L'intimé, désigné par les initiales « Bo. », soulève une exception de nullité de l'exploit d'appel et d'assignation.
Par ailleurs, l'appelante demande le sursis à statuer, en invoquant la règle selon laquelle « le pénal tient le civil en l'état ». À l'appui de cette demande, elle produit un avis d'inculpation de « R. » du chef de faux et usages de faux, adressé par le magistrat instructeur à l'appelante en sa qualité de partie civile, le 23 novembre 2010 (pièce n° 18).
L'intitulé mentionne également la société Monaco Telecom SA parmi les parties. Cette société n'apparaît pas dans le corps du texte fourni, qui ne permet pas de préciser sa position procédurale (non précisé dans la décision). Les initiales des parties diffèrent par ailleurs entre l'intitulé, le corps de la décision et le dispositif ; le présent commentaire retient les désignations du corps de l'arrêt.
L'arrêt est rendu avant dire droit au fond. Il tranche deux incidents : l'exception de nullité de l'exploit d'appel et la demande de sursis à statuer.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions distinctes.
La première porte sur la régularité de l'acte introductif d'instance. Il s'agissait de savoir si l'exploit d'appel, qui critique l'ordonnance de référé, encourt la nullité au regard de l'article 427 du Code de procédure civile. Le texte de cet article n'est pas reproduit dans la décision.
La seconde porte sur l'opportunité d'un sursis à statuer fondé sur la règle « le pénal tient le civil en l'état ». Il fallait déterminer si la pendance d'une information pénale, ouverte sur plainte avec constitution de partie civile de l'appelante, justifiait de suspendre l'examen du litige civil.
Solution et dispositif
Sur l'exception de nullité, la Cour relève que l'exploit d'appel critique l'ordonnance entreprise en reprochant au premier juge d'avoir omis de prendre en considération des éléments de fait et de droit, que l'appelante développe, et qu'elle motive ainsi sa demande de réformation. Elle en déduit que l'exception fondée sur l'article 427 du Code de procédure civile « n'est pas justifiée ».
Sur le sursis à statuer, la Cour retient deux motifs cumulatifs. D'une part, l'avis d'inculpation « ne démontre pas que les faits reprochés à R. soient les mêmes que ceux objet du présent litige ni qu'ils soient susceptibles d'influer sur sa solution ». D'autre part, les parties s'opposant dans un très grand nombre de procédures, il n'est « pas établi que l'information ouverte à la suite de la plainte avec constitution de partie civile [...] soit en lien étroit avec le contentieux relatif à la ligne téléphonique dont la Cour est actuellement saisie ».
Le dispositif est ainsi rédigé :
« Avant dire droit sur le fond, – Rejette l'exception de nullité de l'exploit d'appel et d'assignation soulevée par Bo., – Rejette la demande de sursis à statuer présentée par Be., – Renvoie les parties à conclure au fond par voie d'écritures récapitulatives à l'audience de procédure du mardi 24 mai 2011 à 9 h 00, – Réserve les dépens. »
Les deux incidents sont donc écartés, l'instance au fond est poursuivie et les dépens sont réservés.
Portée et enseignement pratique
**Sur la régularité de l'acte d'