Le prévenu, poursuivi pour escroqueries et tentatives d'escroqueries, fait valoir que le délit n'est pas constitué dès lors qu'on ne peut lui reprocher que des mensonges. Cependant, il ne s'est pas contenté de simples mensonges relatifs à un prétendu drame familial le touchant (décès du père, hospitalisation de la mère...) pour persuader les victimes de lui remettre des sommes d'argent. En effet, il se postait à la sortie de la résidence de ses potentielles victimes qu'il abordait en se faisant passer pour un sujet monégasque et ancien voisin afin d'instaurer un climat de confiance et d'empathie ; il engageait ensuite la conversation sur le registre des souvenirs et se servait des réponses données par ses interlocuteurs pour endosser l'identité de personnes connues d'eux-mêmes dans le but de donner davantage de crédit à son mensonge. Par ailleurs, il n'hésitait pas à accompagner ses interlocuteurs à un distributeur automatique de billets, à leur domicile ou encore au guichet d'un établissement bancaire. Enfin, il a parfois complété son scénario par l'émission d'un faux appel téléphonique devant la victime afin de justifier davantage de son besoin impérieux d'argent et de la véracité de ses dires. Ainsi, par ce stratagème constitué de mensonges assortis d'actes positifs destinés à leur donner force et crédit et à endormir la méfiance des personnes visées, le prévenu s'est livré à des manœuvres frauduleuses qui ont été déterminantes de la remise des fonds par les victimes. Si certaines de ces manœuvres n'ont pas abouti, ce n'est dû qu'à la méfiance de certaines des victimes ou de l'intervention d'un tiers, les services de police. Il convient donc de confirmer la condamnation. Cour d'appel correctionnelle JI n° CAB1/13/12 ARRÊT DU 14 OCTOBRE 2013 En la cause de :
- B W, né le 7 mai 1981 à NOGENT SUR MARNE (94), de Jean-Luc et de Catherine R, de nationalité française, SANS DOMICILE NI RÉSIDENCE CONNUS, actuellement détenu à la Maison d'arrêt de MONACO ; Prévenu de : usurpation d'identité susceptible d'entraîner une inscription au casier judiciaire d'un tiers escroqueries tentatives d'escroqueries PRÉSENT aux débats, DÉTENU (mandat d'arrêt décerné par le Magistrat instructeur en date du 9 avril 2013), assisté de Maître Alice PASTOR, avocat stagiaire, commis d'office, plaidant par ledit avocat stagiaire ; APPELANT/INTIMÉ Contre : le MINISTÈRE PUBLIC ; INTIMÉ/APPELANT En présence de :
- A B veuve C, née le 21 octobre 1934 à SAN FRANCISCO (U. S. A.), de nationalité monégasque, retraitée, demeurant X à MONACO, constituée partie civile ;
- N B veuve A, née le 23 septembre 1939 à ETTERBEEK (Belgique), de nationalité suisse, sans profession, demeurant « X » X à Monaco constituée partie civile ;
- F E, né le 21 septembre 1925 à MONACO, de nationalité italienne, retraité, demeurant X à MONACO, constitué partie civile, ayant pour avocat-défenseur Maître Sophie LAVAGNA, avocat défenseur près la Cour d'appel de Monaco, et plaidant par Maître Philippe-Bernard FLAMANT, avocat au barreau de Nice ; INTIMÉS LA COUR D'APPEL DE LA PRINCIPAUTÉ DE MONACO, jugeant correctionnellement, après débats à l'audience du 25 septembre 2013 ;