Cour d'Appel de Monaco, 04 février 2014, n° 11858
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 04 février 2014, n° 11858 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose Madame I.K, commerçante immatriculée au Registre du Commerce et de l'Industrie de la Principauté, à Madame c GA veuve LU, créancière. Aux termes d'une reconnaissance de dette datée du 29 juillet 2010, assortie d'une promesse de paiement au 30 novembre 2010, la débitrice a reconnu devoir deux sommes distinctes : 60 000 euros, productifs d'un intérêt évalué à 1 559,53 euros, et 20 000 euros sans intérêts, que l'acte qualifie de reconnaissance d'une aide personnelle.
La créancière a fait inscrire, le 21 juin 2011, une inscription provisoire de nantissement sur le fonds de commerce exploité par la débitrice sous l'enseigne Z.
Par jugement du 10 janvier 2013, le Tribunal de première instance a condamné la débitrice au paiement de 60 000 euros avec intérêts au taux de 8 % à compter du 18 janvier 2010, de 1 559,53 euros au titre des intérêts échus au 30 novembre 2010, et de 20 000 euros avec intérêts légaux à compter du 9 mars 2011. Il a déclaré l'inscription provisoire de nantissement valide et régulière à concurrence de ces montants, renvoyé le créancier à l'accomplissement des formalités de l'article 762 bis du code de procédure civile pour l'inscription définitive, et ordonné l'exécution provisoire à hauteur de 60 000 euros. Le dispositif indique également que les demandes plus amples ou contraires ont été rejetées.
La débitrice a interjeté appel. Par arrêt avant dire droit du 20 septembre 2013, la Cour a confirmé l'exécution provisoire à hauteur de 60 000 euros et renvoyé les parties pour le surplus.
En appel, la débitrice sollicitait la réformation du jugement, la qualification d'usuraire du taux d'intérêt, la fixation de la créance à 60 000 euros, l'octroi d'un délai de six mois et le sursis à exécution, ainsi que le rejet de la demande de dommages-intérêts de 15 000 euros. Elle faisait valoir ses difficultés financières et soutenait que la somme de 20 000 euros correspondait à un revenu du capital prêté, le taux effectif s'élevant selon elle à 41 %. La créancière demandait la confirmation du jugement, sauf sur le rejet de sa demande de 10 000 euros de dommages-intérêts, qu'elle sollicitait en outre augmentée de 5 000 euros pour appel abusif.
Question de droit
La Cour devait déterminer si la créance résultant de la reconnaissance de dette était exigible à hauteur des sommes retenues en première instance, si la demande de délais de paiement pouvait être accueillie, et si l'inscription provisoire de nantissement était régulière. Elle devait également apprécier si la créancière justifiait d'un préjudice distinct du retard de paiement et si l'appel revêtait un caractère abusif.
Solution et dispositif
La Cour confirme le jugement en toutes ses dispositions frappées d'appel. Son raisonnement repose sur trois séries de motifs.
Sur le fond de la créance. La Cour relève que la reconnaissance de dette porte sur 60 000 euros assortis d'un intérêt évalué à 1 559,53 euros, et que la somme de 20 000 euros, sans intérêts, est « totalement distincte » et correspond, selon les termes mêmes de l'acte, à une aide personnelle. Elle en déduit que «