Cour d'Appel de Monaco, 09 novembre 2015, n° 14224
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 09 novembre 2015, n° 14224 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 12 juillet 2015, des services de police interviennent dans le parking X1 de la Principauté, à la suite d'un signalement relatif à un véhicule dégageant de la fumée. Ils sont sollicités pour un différend entre l'agent d'accueil et une usagère ayant perdu son ticket, identifiée comme s. CH., prévenue en l'espèce.
Les policiers constatent chez l'intéressée les signes extérieurs de l'ivresse : équilibre instable, yeux brillants, élocution pâteuse, propos incohérents et haleine fortement alcoolisée. L'intéressée reconnaît être la conductrice d'un véhicule Volkswagen Tiguan immatriculé en France et avoir déplacé ce véhicule de son emplacement jusqu'à la barrière de sortie. Le test d'imprégnation éthylique est positif. L'épreuve déterminative établit un taux de 1,42 mg d'alcool par litre d'air expiré. Placée en garde à vue, elle est entendue après dégrisement et reconnaît avoir bu plusieurs verres de rosé, sans pouvoir en préciser le nombre. Ses casiers judiciaires monégasque et français sont vierges.
Par jugement contradictoire du 13 juillet 2015, le Tribunal de première instance, jugeant correctionnellement, déclare la prévenue coupable du délit de conduite sous l'empire d'un état alcoolique, prévu et réprimé par les articles 26 et 391-13 2° du Code pénal. Il la condamne à deux mois d'emprisonnement avec bénéfice de l'exécution fractionnée et à une amende de 1 000 euros. Pour fixer la peine, il retient l'importance du taux d'alcoolémie, mais aussi la nécessité d'aménager la sanction afin que la prévenue, qui n'avait pas contesté les faits, puisse conserver son emploi.
La prévenue interjette appel le 27 juillet 2015, invoquant le caractère sévère de la peine au regard de l'absence d'antécédents et de ses responsabilités professionnelles. Le ministère public forme un appel incident le même jour. L'affaire est débattue à l'audience du 5 octobre 2015 et l'arrêt est rendu le 9 novembre 2015.
Question de droit
La question principale est celle de la caractérisation du délit de conduite en état alcoolique lorsque le trajet effectué au volant est très bref. La prévenue ne contestait pas avoir conduit, mais la Cour devait déterminer si le déplacement de quelques mètres, interrompu par une barrière de sort