Cour d'Appel de Monaco, 30 janvier 2017, n° 15684
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 30 janvier 2017, n° 15684 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une société à responsabilité limitée de droit italien, B, a fourni à l'occasion du World Music Awards tenu à Monte-Carlo le 27 mai 2014 une prestation de scénographie, audio, éclairage et vidéo, commandée par l'entreprise C sur instructions de j M. Sa facture s'élevait à 132 000 euros. Elle a reçu en règlement un chèque bancaire de même montant, tiré non pas sur un compte de l'entreprise C mais sur le compte personnel de j M auprès de la banque A. Ce chèque a été rejeté pour absence de provision.
Après une mise en demeure restée sans effet, l'enquête a été confiée à la direction de la Sûreté publique. Le mis en cause, se nommant en réalité g. MA., a reconnu l'émission du chèque, tout en contestant le montant de la prestation. Il a déclaré avoir acquitté 20 000 euros en espèces en juillet 2014, ce que la société a confirmé, et s'est engagé à rembourser le solde de 112 000 euros. Ce solde n'avait pas été réglé à la clôture de l'enquête, en octobre 2015.
Une citation a été délivrée le 18 novembre 2015 devant le tribunal correctionnel pour émission de chèque sans provision. À l'audience du 24 novembre 2015, le conseil de la société B, Maître Sophie LAVAGNA, a déposé des conclusions de partie civile sollicitant 7 000 euros de dommages-intérêts. Le prévenu a obtenu un renvoi. À l'audience du 2 février 2016, le prévenu comparaissait seul ; la société et son conseil étaient notés absents, et la feuille d'audience ne mentionnait aucune partie civile.
Par jugement contradictoire du 2 février 2016, le tribunal correctionnel a déclaré g. MA. coupable et l'a condamné à 2 000 euros d'amende et aux frais. Le jugement ne statuait pas sur la constitution de partie civile ni sur la demande indemnitaire.
La société B a relevé appel le 12 février 2016 par la voie d'un acte formé au nom de « Maître Sophie LAVAGNA, avocat-défenseur, et celui de la B, partie civile ». Par conclusions du 7 décembre 2016, elle sollicitait l'infirmation du jugement « en ce qu'il n'a pas statué sur la constitution de partie civile et la demande de dommages-intérêts » et la condamnation du prévenu à 15 000 euros de dommages-