Cour d'Appel de Monaco, 03 juillet 2017, n° 16167
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 03 juillet 2017, n° 16167 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un ressortissant italien, r. RU., est poursuivi pour escroquerie à la suite de la plainte de m. CH., résident monégasque de nationalité italienne. Selon la plainte, r. RU. s'est présenté en qualité d'agent immobilier possédant la société A., installée à Milan, et a proposé à la victime un appartement de type F4 situé au 7ème étage de l'immeuble Monte-Carlo Star, à Monaco, pour un prix initial de 1.500.000 euros. Un accord a été trouvé sur 1.000.000 euros. Une promesse de vente, rédigée en italien, a été signée le 5 juin 2012 à Monaco. Elle prévoyait le paiement du prix en quatre versements. Trois versements, pour un total de 150.000 euros, ont été effectués dans les délais, le premier en espèces et les autres par virements sur les comptes de la société A. La victime n'a pas pu visiter le bien. Aucun acte de vente n'a été signé à l'échéance du 31 décembre 2013, et les sommes n'ont pas été restituées.
L'enquête de la Sûreté publique a établi que aucun logement du 7ème étage ne correspondait au bien décrit dans la promesse. L'intendant de l'immeuble a indiqué que seuls deux appartements avec terrasse, de 30 m² et 50 m², avaient été mis en vente en 2013. Les démarches menées en Italie, par voie d'entraide pénale, ont montré que r. RU. était l'unique actionnaire de la société A., mais que celle-ci n'était pas localisable à ses adresses déclarées. L'expert-comptable de la société ignorait l'opération.
Par jugement par défaut du 14 juin 2016, le Tribunal correctionnel a condamné r. RU. Celui-ci a formé opposition. Par jugement contradictoire du 7 mars 2017, le Tribunal l'a déclaré coupable d'escroquerie, l'a condamné à quatre mois d'emprisonnement et à verser 157.000 euros de dommages-intérêts à la partie civile. Le prévenu et le Ministère public ont interjeté appel le 21 mars 2017.
Devant la Cour, le prévenu a soutenu qu'il avait reçu mandat verbal de vendre un appartement issu d'une procédure menée devant le Tribunal de Milan, que ce bien existait et avait été vendu depuis huit millions d'euros, et qu'il avait conservé 63.000 euros au titre de sa commission. La partie civile a sollicité, en cause d'appel, 2.000 euros supplémentaires au titre du préjudice né de la procédure. Le Ministère public a requis la confirmation du jugement. La citation n'avait pas été délivrée au prévenu, faute de traduction en italien.
Question de droit
La question posée à la Cour était de savoir si le fait, pour une personne, de présenter comme vendeur un bien immobilier inexistant, de faire signer une promesse de vente à ce titre puis de percevoir un acompte, caractérise les éléments constitutif