Cour de Révision de Monaco, 23 mars 2012, n° 8715
Décision commentée : Cour de Révision de Monaco, 23 mars 2012, n° 8715 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
L'État de Monaco, représenté par son ministre d'État, a assigné M. s. GO, dit Lord EA., par acte d'huissier du 5 novembre 2008, aux fins d'obtenir l'exequatur en Principauté d'un arrêt rendu le 3 mars 2006 par la cour d'appel de Paris. Cet arrêt, rendu sur demande du « Gouvernement princier de la Principauté de Monaco », avait annulé la marque Monaco Modem Act déposée par M. GO, lui avait interdit l'usage de cette dénomination ainsi que de tout élément figuratif évocateur de la Principauté, et lui avait ordonné de procéder, à ses frais, à la modification de certaines dénominations.
La cour d'appel de Monaco a déclaré exécutoire en Principauté la décision étrangère par un arrêt confirmatif du 17 mai 2011, signifié le 20 septembre 2011. M. GO a formé un pourvoi le 18 octobre 2011, après avoir obtenu le bénéfice de l'assistance judiciaire (décision n° 95 BAJ 11 du 22 septembre 2011). Le pourvoi a été soutenu par un mémoire déposé le 15 novembre 2011, auquel l'État de Monaco a répondu par une contre-requête du 14 décembre 2011. Le ministère public a conclu le 13 janvier 2012. L'affaire a été plaidée à l'audience du 14 mars 2012, sur le rapport de M. le conseiller Jean-Pierre Gridel.
Le moyen unique reprochait à l'arrêt attaqué d'avoir accueilli l'exequatur alors que l'État de Monaco, « lequel ne se résume pas à son Gouvernement », serait représenté en justice par son ministre d'État et non par son gouvernement. Il soutenait également que le demandeur