Tribunal Correctionnel de Monaco, 11 février 2014, n° 11890
Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 11 février 2014, n° 11890 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le prévenu, j. EL., est poursuivi par le ministère public du chef de faux en écriture privée de commerce ou de banque et usage. Il est reproché d'avoir, courant 2013, imité la signature de l. GA., son épouse, sur une correspondance destinée au cabinet d'assurance S, afin d'obtenir la clôture de deux contrats d'assurance-vie ouverts au nom de leurs deux enfants mineurs, puis d'avoir fait usage de ce document. La prévention vise les articles 26, 27, 90, 91, 94 et 95 du Code pénal. Elle mentionne la France comme lieu des faits ; la décision ne développe pas cette précision au regard de la compétence du tribunal monégasque.
Par courrier daté du 29 avril 2013, la clôture des deux comptes, d'un montant respectif de 2.156,24 euros et 2.256,43 euros, était sollicitée auprès de la SAS C, cabinet S. Le 27 juin 2013, l. GA., alors en instance de divorce, a déposé plainte en exposant que la demande avait été formulée sans son accord et au moyen d'un courrier portant une signature qui lui était faussement attribuée. Entendu le 1er octobre 2013, le prévenu a reconnu avoir rédigé le document et imité la signature de son épouse, tout en soutenant que celle-ci était informée de sa démarche et y avait consenti. Il a reconnu avoir encaissé les sommes issues des comptes. La conseillère en assurances du cabinet S, l'épouse, réentendue, puis l'avocat intervenant dans le divorce ont été entendus ou contactés. L'épouse a contesté tout accord. À l'audience, le prévenu a confirmé ses déclarations. Il était assisté de son conseil, qui sollicitait à titre principal la relaxe et à titre subsidiaire l'indulgence du tribunal.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si le fait d'imiter la signature d'un tiers sur un courrier adressé à un assureur, en vue de faire clôturer des contrats d'assurance-vie appartenant à des mineurs et d'en percevoir le produit, caractérise un faux en écriture privée de commerce ou de banque suivi d'usage.