Tribunal Correctionnel de Monaco, 15 juillet 2014, n° 12435
Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 15 juillet 2014, n° 12435 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un avocat inscrit au barreau de Nice, de nationalité française, est poursuivi devant le tribunal correctionnel de la Principauté pour usurpation de titre. La prévention vise des faits commis à Monaco « courant 2013 et 2014 », consistant à faire usage et à se réclamer, sans remplir les conditions exigées, du titre et de la qualité d'avocat, en violation de la loi n° 1047 du 28 juillet 1982 sur l'exercice des professions d'avocat-défenseur et d'avocat. Le délit est visé à l'article 203, alinéa 2, du Code pénal.
Il n'est pas contesté que prévenu n'est pas avocat au barreau de Monaco. Il est établi qu'il réside dans la Principauté, qu'il y dispose d'une ligne téléphonique au nom de son beau-père et qu'aucune plaque professionnelle n'est apposée à son domicile monégasque. L'usage incriminé ne résulte donc ni d'actes juridiques ou judiciaires ni de plaintes de justiciables. Il procède exclusivement de mentions figurant sur des sites internet.
La défense soutient que la plupart de ces mentions ont été reproduites par des sites de référencement, sans lien contractuel avec le prévenu, à partir d'informations publiques ou issues d'autres sites. Elle invoque des démarches entreprises dès qu'il a eu connaissance d'ambiguïtés (courriers aux sites concernés, demandes de rectification). Elle se prévaut également d'une erreur matérielle de l'annuaire Pages jaunes, qui aurait mêlé ses coordonnées personnelles et professionnelles, ainsi que de la réponse d'un site de référencement indiquant avoir utilisé un fichier comportant son adresse monégasque.
La partie civile, l'Ordre des avocats de la Principauté de Monaco, représentée par son bâtonnier, demandait des dommages-intérêts. Le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Nice a été entendu à titre de simple renseignement.
Question de droit
La question posée au tribunal était double. Il s'agissait, d'une part, de savoir si des mentions publiées sur internet, d