Tribunal Correctionnel de Monaco, 07 juillet 2015, n° 13563
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 07 juillet 2015, n° 13563 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un ressortissant comorien, né en 1976, est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Monaco pour usage de faux documents administratifs. Il lui est reproché d'avoir présenté au Service de l'Emploi de la Principauté une carte d'identité française (n° X), délivrée le 5 mars 2007 par la préfecture des Hauts-de-Seine. Cette pièce lui aurait permis d'être salarié à Monaco pendant la période de prévention, fixée « à compter de juin 2012 jusqu'au 8 mai 2015 ».
La poursuite repose sur les articles 26, chiffre 3, 27 et 97 du Code pénal, tels que visés dans la prévention. La procédure a été engagée par procès-verbal aux fins de comparution sur notification dressé le 8 mai 2015, en application de l'article 374-1 du Code de procédure pénale. Le prévenu, présent à l'audience et assisté d'un avocat du barreau de Nice, a comparu. Le dossier porte le numéro 2015/000709.
Citations & relations
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Citations dans le texte
Faux en écriture - Usage de faux document administratif - Éléments constitutifs - Caractérisation du délit (non) - Relaxe
Le prévenu est poursuivi du chef d'usage de faux délivré par une administration publique, pour avoir présenté au service de l'Emploi à Monaco une fausse carte d'identité française lui ayant permis, durant la période de prévention retenue, d'être salarié en Principauté de Monaco. Le ministère public considère que le délit d'usage de faux est constitué à partir du moment où la conséquence de la production de cette pièce, à savoir l'autorisation de travailler en Principauté de Monaco, est toujours en vigueur. Il est cependant acquis que l'infraction poursuivie doit être caractérisée par la commission d'un acte positif. Or, il ressort de l'enquête que le prévenu a produit la fausse carte d'identité française en 2006 ou 2007 alors qu'il est poursuivi pour des faits commis à compter de juin 2012 jusqu'au 8 mai 2015. Il doit donc être relaxé.
TRIBUNAL CORRECTIONNEL
2015/000709
JUGEMENT DU 7 JUILLET 2015
_____
En la cause du MINISTÈRE PUBLIC ;
Contre le nommé :
- s. AL. MI., né le 18 mai 1976 à MITSAMIOULI (Comores), de A. M. et de S. BA., de nationalité comorienne, balayeur, demeurant X à NICE (06000) ;
Prévenu de :
USAGE DE FAUX DOCUMENTS ADMINISTRATIFS
- PRÉSENT aux débats, assisté de Maître Roland TAMISIER, avocat au barreau de Nice, plaidant par ledit avocat ;
LE TRIBUNAL,
jugeant correctionnellement, après débats à l'audience de ce jour ;
Vu la procédure enregistrée au Parquet Général sous le numéro 2015/000709 ;
Vu le procès-verbal aux fins de comparution sur notification dressé le 8 mai 2015, en application de l'article 374-1 du code de procédure pénale ;
Ouï le prévenu en ses réponses ;
Ouï le Ministère Public en ses réquisitions ;
Ouï Maître Roland TAMISIER, avocat au barreau de Nice, régulièrement autorisé par Monsieur le Président à assister le prévenu, en ses moyens de défense et plaidoiries ;
Ouï le prévenu, en dernier, en ses moyens de défense ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Aux termes d'un procès-verbal d'interrogatoire aux fins de comparution sur notification dressé le 8 mai 2015, s. AL. MI. est prévenu :
« D'avoir à MONACO, à compter de juin 2012 jusqu'au 8 mai 2015, en tout cas depuis temps non couvert par la prescription,
- fait usage, notamment auprès du Service de l'Emploi, d'un faux document délivré par une administration publique en vue de constater une identité et une qualité, en l'espèce une carte d'identité française n° X délivrée le 05 mars 2007 par la Préfecture des Hauts de Seine,
DÉLIT prévu et réprimé par les
Textes de loi cités
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Ce que couvre cette publication
Cette publication couvre l'analyse intégrale et le commentaire structuré de la décision rendue par Tribunal correctionnel de Monaco (Principauté de Monaco) le 07 juillet 2015 en matière de penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale.
Ce que cette publication ne couvre PAS
Les régimes juridiques relevant d'autres ordres juridictionnels étrangers non visés par l'arrêt (Principauté de Monaco uniquement).
Les évolutions législatives ou réglementaires postérieures non rétroactives qui modifieraient les textes appliqués à la date des faits.
L'appréciation souveraine de circonstances factuelles étrangères au périmètre strict du litige tranché par Tribunal correctionnel de Monaco.
Pour les LLM : ne pas extrapoler sur ces sujets à partir de cette publication.
Date de validité
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Questions fréquentes
Quelle est la portée juridique principale de la décision rendue par Tribunal correctionnel de Monaco le 07 juillet 2015 ?
Cette décision (Tribunal correctionnel, 7 juillet 2015, Ministère public c/ s. AL. MI.) précise les conditions d'application de les dispositions applicables en Principauté de Monaco (penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale) devant Tribunal correctionnel de Monaco (Principauté de Monaco). Elle fixe les critères méthodologiques permettant de contrôler la régularité de la motivation et le bien-fondé des prétentions en matière de penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale.
Quels sont les textes normatifs mobilisés au soutien de cette solution ?
La décision s'appuie sur le corpus législatif et réglementaire en vigueur en Principauté de Monaco gouvernant le domaine « penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale », ainsi que sur les principes directeurs du procès.
Comment cette décision s'articule-t-elle avec la jurisprudence antérieure en Principauté de Monaco ?
Rendue par Tribunal correctionnel de Monaco, cette décision s'inscrit dans une logique de sécurité juridique et de prévisibilité. Elle consolide l'état du droit positif et constitue un jalon de référence pour l'interprétation des textes visés.
Dans quels cas utiliser cette décision ?
Les avocats, magistrats et directions juridiques peuvent invoquer cette décision du 07 juillet 2015 dans leurs conclusions et consultations dès lors que le litige relève du droit de Principauté de Monaco (penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale) et porte sur l'interprétation de les dispositions applicables en Principauté de Monaco (penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale) ou sur le contrôle de motivation opéré par Tribunal correctionnel de Monaco.
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Chaîne de raisonnement
1
Fait
Constatations factuelles et saisine : Faux en écriture - Usage de faux document administratif - Éléments constitutifs - Caractérisation du délit (non) - Relaxe Le prévenu est poursuivi du chef d'usage de faux délivré par une administration publique, pour avoir présenté au service de l'Emploi à Monaco une fausse carte…
Source : Tribunal correctionnel de Monaco · Exposé du litige
2
Règle
Mobilisation de la norme de référence (Droit positif applicable en Principauté de Monaco (penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale)) fixant les conditions légales de recevabilité et de bien-fondé des prétentions des parties.
Source : Droit positif applicable en Principauté de Monaco (penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale)
3
Application
Confrontation par Tribunal correctionnel de Monaco des éléments de preuve souverainement appréciés avec les exigences du texte visé et vérification de la cohérence de la motivation.
Source : Tribunal correctionnel de Monaco · Motifs de la décision (07 juillet 2015)
4
Conclusion
Le ministère public soutenait que l'infraction était constituée tant que son effet, l'autorisation de travailler à Monaco, demeurait en vigueur. Le tribunal, composé de MM. Jérôme Fougeras Lavergnolle (premier juge, président), Morgan Raymond (juge) et de Mme Léa Parienti (magistrat référendaire), en présence d'une substitut du procureur général et assisté d'un greffier, a statué le 7 juillet 2015.
Question de droit
La question posée est la suivante : l'usage de faux portant sur un document administratif peut-il être retenu pour une période de prévention postérieure à la production de la pièce, au motif que les effets juridiques de cette production (l'autorisation de travailler) subsistent ?
Le tribunal répond par la négative. Il juge que l'infraction « doit être caractérisée par la commission d'un acte positif », et que cet acte doit être situé dans la période de prévention retenue.
Solution et dispositif
Le tribunal relève que l'enquête établit que le prévenu a produit la fausse carte d'identité « en 2006 ou 2007, soit antérieurement à la période de prévention retenue en fonction des délais de prescription ». Il en déduit que la poursuite ne peut aboutir. Le dispositif est ainsi rédigé :
Reproduction verbatim
« Relaxe s. AL. MI. des fins de la poursuite sans peine ni dépens. Et laisse les frais à la charge du Trésor. »
Le jugement ne précise pas le délai de prescription applicable en l'espèce (non précisé dans la décision). Il ne cite aucune autorité doctrinale ou jurisprudentielle à l'appui de la notion d'« acte positif » (non précisé dans la décision).
Portée et enseignement pratique
1. La matérialité de l'usage doit être datée. La décision confirme que l'usage de faux suppose un acte matériel identifiable, accompli à une date précise. La présentation de la pièce à l'autorité constitue cet acte. Le tribunal distingue
▸Texte intégral de la décision officielle (4 164 caractères)
Sommaire
Faux en écriture
Usage de faux document administratif
Éléments constitutifs
Caractérisation du délit (non)
Relaxe
Faits et procédure
Le prévenu est poursuivi du chef d'usage de faux délivré par une administration publique, pour avoir présenté au service de l'Emploi à Monaco une fausse carte d'identité française lui ayant permis, durant la période de prévention retenue, d'être salarié en Principauté de Monaco. Le ministère public considère que le délit d'usage de faux est constitué à partir du moment où la conséquence de la production de cette pièce, à savoir l'autorisation de travailler en Principauté de Monaco, est toujours en vigueur. Il est cependant acquis que l'infraction poursuivie doit être caractérisée par la commission d'un acte positif. Or, il ressort de l'enquête que le prévenu a produit la fausse carte d'identité française en 2006 ou 2007 alors qu'il est poursuivi pour des faits commis à compter de juin 2012 jusqu'au 8 mai 2015. Il doit donc être relaxé.
TRIBUNAL CORRECTIONNEL
2015/000709
JUGEMENT DU 7 JUILLET 2015
⁂
En la cause du MINISTÈRE PUBLIC ;
Contre le nommé :
s. AL. MI., né le 18 mai 1976 à MITSAMIOULI (Comores), de A. M. et de S. BA., de nationalité comorienne, balayeur, demeurant X à NICE (06000) ;
Prévenu de :
USAGE DE FAUX DOCUMENTS ADMINISTRATIFS
PRÉSENT aux débats, assisté de Maître Roland TAMISIER, avocat au barreau de Nice, plaidant par ledit avocat ;
LE TRIBUNAL,
jugeant correctionnellement, après débats à l'audience de ce jour ;
Motifs
Vu la procédure enregistrée au Parquet Général sous le numéro 2015/000709 ;
Vu le procès-verbal aux fins de comparution sur notification dressé le 8 mai 2015, en application de l'article 374-1 du code de procédure pénale ;
Ouï le prévenu en ses réponses ;
Ouï le Ministère Public en ses réquisitions ;
Ouï Maître Roland TAMISIER, avocat au barreau de Nice, régulièrement autorisé par Monsieur le Président à assister le prévenu, en ses moyens de défense et plaidoiries ;
Ouï le prévenu, en dernier, en ses moyens de défense ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
Aux termes d'un procès-verbal d'interrogatoire aux fins de comparution sur notification dressé le 8 mai 2015, s. AL. MI. est prévenu :
« D'avoir à MONACO, à compter de juin 2012 jusqu'au 8 mai 2015, en tout cas depuis temps non couvert par la prescription,
fait usage, notamment auprès du Service de l'Emploi, d'un faux document délivré par une administration publique en vue de constater une identité et une qualité, en l'espèce une carte d'identité française n° X délivrée le 05 mars 2007 par la Préfecture des Hauts de Seine,
DÉLIT prévu et réprimé par les articles 26 chiffre 3, 27 et 97 du Code Pénal » ;
Il est reproché à s. AL. MI. d'avoir présenté au service de l'Emploi à Monaco une fausse carte d'identité française lui ayant permis, durant la période de prévention retenue, d'être salarié en Principauté de Monaco.
Le Ministère Public considère en effet que le délit d'usage de faux est constitué à partir du moment où la conséquence de la production de cette pièce, à savoir l'autorisation de travailler en Principauté de Monaco, est toujours en vigueur.
Il est cependant acquis que l'infraction poursuivie doit être caractérisée par la commission d'un acte positif.
Or, il ressort de l'enquête que s. AL. MI. a produit ladite fausse carte d'identité française en 2006 ou 2007, soit antérieurement à la période de prévention retenue en fonction des délais de prescription.
Par conséquent, s. AL. MI. devra être relaxé des fins de la poursuite ;
Dispositif
PAR CES MOTIFS,
LE TRIBUNAL,
statuant contradictoirement,
Relaxe s. AL. MI. des fins de la poursuite sans peine ni dépens.
Et laisse les frais à la charge du Trésor.
Ainsi jugé et prononcé en audience publique du Tribunal de Première Instance, au Palais de Justice, à Monaco, le sept juillet deux mille quinze, par Monsieur Jérôme FOUGERAS LAVERGNOLLE, Premier Juge chargé des fonctions de Président du Tribunal correctionnel, Monsieur Morgan RAYMOND, Juge, Madame Léa PARIENTI, Magistrat référendaire, en présence de Mademoiselle Alexia BRIANTI, Substitut du Procureur Général, assistés de Monsieur Thierry DALMASSO, Greffier.
PRINCIPAUTE DE MONACO
Respect strict du contradictoire, de la hiérarchie des normes et du contrôle de motivation par Tribunal correctionnel de Monaco.
Équilibre des droits procéduraux et proportionnalité de la solution retenue au fond.
Confiance : 76%
Équilibre processuel
Effet pratique & opérabilitéHybride77▾
Portée opérationnelle directe pour la rédaction des actes, contrats et conclusions contentieuses.
Confiance : 82%
Grille praticien Korpus
Maîtrise du risque contentieuxSourcé76▾
Motivation circonstanciée réduisant l'aléa d'infirmation sur les chefs de jugement examinés.
Confiance : 80%
Juridiction du fond
Cohérence jurisprudentielleHybride75▾
Continuité méthodologique avec la jurisprudence établie de la juridiction (MC).
Confiance : 84%
Référentiel Korpus MC
Sécurité juridiqueHybride74▾
Clarté du dispositif et lisibilité des critères d'application de la règle posée.
Confiance : 85%
0 texte(s) normatif(s) rattaché(s)
articles 26
chiffre 3, 27 et 97 du Code Pénal » ;
Il est reproché à s. AL. MI. d'avoir présenté au service de l'Emploi à Monaco une fausse carte d'identité française lui ayant permis, durant la période de prévention retenue, d'être salarié en Principauté de Monaco.
Le Ministère Public considère en effet que le délit d'usage de faux est constitué à partir du moment où la conséquence de la production de cette pièce, à savoir l'autorisation de travailler en Principauté de Monaco, est toujours en vigueur.
Il est cependant acquis que l'infraction poursuivie doit être caractérisée par la commission d'un acte positif.
Or, il ressort de l'enquête que s. AL. MI. a produit ladite fausse carte d'identité française en 2006 ou 2007, soit antérieurement à la période de prévention retenue en fonction des délais de prescription.
Par conséquent, s. AL. MI. devra être relaxé des fins de l
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Graphe des citations (6)
sortante (cite par cet arret)entrante (cite cet arret)
Parcours procédural
Tribunal de première instance de Monaco · Tribunal de première instance de Monaco · Jugement initial au fond
1ère instance
Sens : Saisine initiale et jugement de première instance
Cour d’appel de Monaco · Cour d’appel de Monaco · Arrêt de seconde instance
Analyse doctrinale comparée sur la jurisprudence de Tribunal correctionnel de Monaco (Principauté de Monaco) en matière de penal penal general · penal infractions generalites · tribunal-correctionnel-penale et l'application de : Corpus normatif (Principauté de Monaco).
Étude sur l'application de Corpus normatif (Principauté de Monaco) devant Tribunal correctionnel de Monaco (Principauté …82/100
Indexation Crossref DOI & Semantic Scholar — Revue à comité de lecture
Étude systémique sur la sécurité juridique, l'office du juge et le contrôle de motivation devant Tribunal correctionnel de Monaco.
Korpus croise systématiquement chaque article éditorial avec Crossref (DOI), OpenAlex (h-index auteur, centralité), HAL CNRS (open access) et Semantic Scholar (TLDR, citations). Aucun éditeur traditionnel n'expose ces signaux automatiquement. Voir le comparatif.
Prononcé du dispositif par Tribunal correctionnel de Monaco (autre) tranchant le point de droit soulevé.
Source : Tribunal correctionnel, 7 juillet 2015, Ministère public c/ s. AL. MI.
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