Tribunal de Première Instance de Monaco, 21 mai 1992, n° 26162
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 21 mai 1992, n° 26162 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par exploit d'huissier, Y. J. a assigné son ex-épouse, C. B., afin de faire déclarer exécutoire en Principauté de Monaco une décision rendue le 12 octobre 1990 par la « High Court of Justice » de Londres. Le demandeur sollicitait en outre le bénéfice de l'exécution provisoire du jugement à intervenir. Selon la requête, la décision britannique avait été « ratifiée par le juge Eastham le 14 novembre 1990 ».
La décision étrangère, rendue en référé, concernait une mineure, S. J. Elle ordonnait que celle-ci cesse d'être pupille du tribunal, prononçait l'annulation de la mise sous tutelle et des ordonnances rendues dans le cadre de cette procédure, relevait les parties de leurs engagements antérieurs, et mettait les dépens à la charge du premier défendeur.
À l'appui de sa demande, le demandeur produisait un certificat de coutume, dépourvu de date et de signature, censé établir que l'exécution d'un jugement étranger est admise en Grande-Bretagne sans examen du fond dans certaines circonstances. Il versait également une traduction française de l'ordonnance du 12 octobre 1990.
La défenderesse n'a pas comparu. Il résultait toutefois des pièces qu'elle avait reçu copie de l'assignation et signé le récépissé de remise le 4 décembre 1991. Le tribunal a donc statué par jugement réputé contradictoire en application de l'article 214 du Code de procédure civile.
Question de droit
La décision pose une question à deux niveaux.
En premier lieu, il s'agissait de savoir si la condition de réciprocité posée par l'article 473 du Code de procédure civile était satisfaite, c'est-à-dire si la Grande-Bretagne admet l'exécution de décisions monégasques dans la matière considérée. Le tribunal ne tranche pas cette question, puisqu'il raisonne « à supposer établie » la réciprocité.
En second lieu, et c'est le point décisif, il fallait déter