Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 octobre 1997, n° 26558
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 16 octobre 1997, n° 26558 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société anonyme monégasque « E. Dickinson Industries Hélicoptères » a fait l'objet d'un jugement du Tribunal de première instance du 11 février 1993 constatant sa cessation des paiements et prononçant, le même jour, la liquidation des biens.
Un salarié, F. S., a produit au passif une créance privilégiée de 82 630,79 francs. Sur proposition du syndic, le juge-commissaire ne l'a admise qu'à hauteur de 4 007,37 francs à titre privilégié et de 48 529,18 francs à titre chirographaire. Par lettre de son conseil du 8 juillet 1997, le créancier a formé une réclamation contre ce rejet partiel. Une ordonnance du juge-commissaire du 6 août 1997 l'a débouté et a maintenu à titre provisionnel l'admission prononcée antérieurement.
La cause a été renvoyée devant le Tribunal, à la diligence du greffe général, sur le fondement de l'article 472 du Code de commerce. À l'audience du 10 octobre 1997, le créancier a maintenu sa réclamation. Il fondait sa créance sur un contrat de travail du 23 février 1989 le liant à la société en qualité de pilote instructeur, engagé pour une période d'essai de six mois, moyennant 15 000 francs nets mensuels et la prise en charge pendant deux mois du loyer de son studio. La créance se décomposait en sept postes : salaires de février, mars et avril 1989, congés payés 1989, indemnité de logement, « correction de l'inflation » et « perte de l'indemnité de chômage ».
La société débitrice a réservé ses droits, estimant que le tribunal du travail était seul compétent pour fixer le quantum de la créance. Le syndic a conclu verbalement au sursis à statuer sur la créance, mais à la poursuite de la procédure collective.
Le jugement est rendu sous la présidence de M. Landwerlin, le ministère public étant représenté par M. Serdet, premier substitut du procureur général. Le jugement est indiqué comme devant être rapproché d'une décision du même tribunal du 29 février 1996, dont le contenu n'est pas reproduit dans le texte fourni (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée était double.
En premier lieu, il s'agissait de déterminer si le Tribunal de première instance, saisi de la vérification d'une créance sur le fondement de l'article 472 du Code de commerce, pou