Tribunal de Première Instance de Monaco, 04 février 2016, n° 14615
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 04 février 2016, n° 14615 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Mme MA. est décédée à Monaco le 4 juin 2002, laissant pour lui succéder son époux, M. C, et leurs cinq enfants. Par jugement du 9 janvier 2003, le Tribunal de première instance a désigné M. A en qualité d'administrateur provisoire de la succession, avec une mission étendue couvrant l'inventaire, la gestion de l'actif et du passif, la représentation en justice et l'assistance aux assemblées générales.
Les époux avaient constitué, de leur vivant, une société civile particulière monégasque, la « Société civile immobilière B » (ci-après « la SCI »), par statuts du 4 janvier 1988, dont ils détenaient les parts à égalité. Cette société est propriétaire d'un appartement donné à bail aux époux par acte du 1er mars 1997, moyennant un loyer annuel de 18.000 euros. M. C a été nommé gérant par assemblée générale du 25 janvier 1995. Après le décès, il s'est maintenu dans le logement, qui constituait l'ancien domicile conjugal.
Par exploit du 22 mai 2015, M. A, ès qualités, a assigné la SCI et M. C, en sa qualité de gérant et d'associé, aux fins de désignation d'un administrateur provisoire de la société, avec notamment mission de gérer la société en lieu et place du gérant, de faire établir sa comptabilité et d'intenter toute procédure en recouvrement des loyers, y compris une mesure d'expulsion.
Le demandeur faisait valoir que le gérant ne tenait plus de comptabilité, ne réunissait plus d'assemblée générale et ne réglait pas les loyers. Il invoquait une décision d'assemblée du 1er octobre 2009, qui avait fixé le loyer mensuel à 4.000 euros à compter du 4 juin 2002, puis à 5.500 euros à compter du 1er mai 2009, et chargé le gérant de convoquer une nouvelle assemblée. Il se prévalait également d'une ordonnance du président du tribunal de grande instance de Nice du 25 septembre 2014 ayant désigné un administrateur provisoire d'une autre société familiale pour des motifs analogues.
Les défendeurs concluaient au rejet. Ils soutenaient que M. C était propriétaire de la moitié des parts, qu'il avait financé seul l'acquisition du bien occupé, et qu'il pouvait en jouir gratuitement au titre de l'obligation alimentaire prévue par l'article 174 du Code civil.
Question de droit
Le tribunal devait déterminer si la désignation judiciaire d'un administrateur provisoire d'une