SAM A (Tribunal de première instance de Monaco, 10 novembre 2016, n° 15465)
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 novembre 2016, n° 15465 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société anonyme monégasque SAM A a fait l'objet d'un jugement du Tribunal de première instance du 24 octobre 2013 constatant sa cessation des paiements. Un juge-commissaire a autorisé la poursuite d'activité par ordonnance du 27 novembre 2013, jusqu'au 27 février 2014. Huit jugements successifs, rendus en application de l'article 444 du Code de commerce, ont ensuite prolongé cette poursuite, le dernier, en date du 12 mai 2016, l'autorisant jusqu'au 4 novembre 2016.
L'état des créances a été déposé le 14 avril 2015, publié le 24 avril 2015 et arrêté le 12 mai 2015, sans contestation, sous réserve des droits non liquidés. Le passif s'élève à 738.315,85 euros, dont 265.078,35 euros de créances privilégiées et une créance chirographaire de 416.238,81 euros détenue par la société anonyme française B, actionnaire majoritaire de la SAM A. Cette dernière société a elle-même fait l'objet d'une liquidation judiciaire prononcée par le Tribunal de commerce de Paris le 17 septembre 2015.
La procédure relative à la solution à donner à la cessation des paiements a fait l'objet de renvois successifs. Ces renvois visaient à ne pas obérer la possibilité d'une remise in bonis ou d'un concordat, notamment en raison d'une offre de rachat portant sur 79 % des actions de la société. Cette offre, d'un montant de 30.000 euros, auquel s'ajoutaient 355.000 euros affectés au paiement des créanciers privilégiés, des frais de justice et des frais d'arrêté et de certification des comptes, était soumise à plusieurs conditions suspensives : la connaissance réelle de la situation financière au 31 décembre 2015, l'absence de passif nouveau et le rachat de l'activité de garde-meubles par un tiers. Une somme de 385.000 euros a été versée entre les mains du syndic à titre de séquestre.
Des difficultés sont apparues quant à la possibilité, pour l'investisseur, de racheter les actions d'associés minoritaires liés à la société B par des pactes d'actionnaires, et l'investisseur a entendu retirer son offre. Le bilan au 31 décembre 2015 n'était pas encore arrêté. Un passif de masse, estimé par le syndic à environ 20.000 euros, est né de défauts de paiement de TVA et de cotisations à une caisse de retraite. Le président délégué de la société a sollicité que le tribunal ne statue pas immédiatement.
À l'audience du 4 novembre 2016, le syndic, le président délégué de la société et le ministère public ont été entendus. Le jugement a été mis en délibéré et prononcé le 10 novembre 2016 (numéro de rôle 2015/000604).
Question de droit
Le litige posait la question de savoir si le tribunal, saisi sur le fondement de l'article 493 du Code de commerce de la solution à donner à la procédure, devait prononcer la liquidation des biens de la société débitrice, ou s'il devait différer sa décision dans l'