La délivrance des bulletins de paie n'emporte pas présomption de paiement des sommes qui y figurent. En sanctionnant les fautes commises par des avertissements, l'employeur qui licencie sans autre motif a épuisé son pouvoir disciplinaire. Une vendeuse retoucheuse ayant 17 mois d'ancienneté est licenciée, sans préavis ni indemnités, pour « accumulation de fautes professionnelles » après avoir réclamé le paiement d'heures supplémentaires à son employeur. Elle lui réclame, devant le Tribunal du travail, le paiement de salaires et congés payés, préavis et indemnité de licenciement, outre des dommages et intérêts pour rupture abusive. De son côté, l'employeur estime que sa salariée ne rapporte nullement la preuve des heures supplémentaires alléguées, ni n'explicite sa demande de congés payés, tandis que le licenciement est justifié par une accumulation de fautes professionnelles rendant impossible la poursuite du contrat de travail. Le Tribunal estime d'abord non rapportée la preuve par l'employeur du paiement des soldes de salaires et congés payés demandés, la délivrance de bulletins de paie n'emportant pas présomption de paiement des sommes qui y sont mentionnées et condamne celui-ci au paiement desdites sommes. Sur les heures supplémentaires, la preuve de celles-ci incombant à la salariée demanderesse n'est pas rapportée, la production, par elle, de l'attestation d'un restaurateur mentionnant que la vendeuse retoucheuse « vient régulièrement manger chez nous et demande à être servie le plus vite possible » étant insuffisante. La salariée doit en être déboutée. S'attachant ensuite aux demandes relatives à la rupture du contrat de travail, le Tribunal estime qu'en sanctionnant par trois avertissements les diverses fautes commises (usage abusif du téléphone, non-respect des horaires et de l'organisation et absence injustifiée),l'employeur qui ne justifie pas d'autres griefs postérieurs au dernier avertissement, a épuisé son pouvoir disciplinaire. Le licenciement présenté « comme la conséquence » des trois avertissements est donc sans fondement valable et sa légèreté le rend abusif. LE TRIBUNAL, Après en avoir délibéré conformément à la loi,
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