JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation partielle
Sumari Analític Korpus — Il résulte de la décision rendue le 28 mai 2021 (n° 104/21) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation partielle).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (cassation partielle), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD, Civil, 28 mai 2021 (ROJ : STSJAD 166/2021)
Décision commentée : STSJAD, Civil, 28 mai 2021, ROJ : STSJAD 166/2021, ECLI:AD:TSJADAD:2021:166 (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral de la décision a été retenue.
Faits et procédure
Par contrat d'arrendament (bail d'habitation) conclu le 20 juin 2014, la société bailleresse Tur a loué à la locataire, Mme Ricart, un appartement situé dans un immeuble d'Encamp, ainsi qu'une place de parking et un cellier au sous-sol. Le bail prévoyait, au pacte 6e, que le logement serait remis en état neuf, installations et services compris.
Le litige porte sur les charges de chauffage et d'eau. Le 20 juin 2015, le bailleur a adressé à la locataire la liquidation de la période 2014/2015. La locataire a contesté ces consommations par courriel du 29 juin 2015, soit neuf jours plus tard. Elle a restitué la possession du logement le 10 août 2016.
Saisi d'une demande en résolution du bail et en paiement, le Tribunal unipersonnel du Batlle (16 juillet 2018, complété par un arrêt d'aclariment du 2 octobre 2018) a :
- prononcé la résolution du contrat ;
- condamné la locataire au paiement de 5 400 EUR de loyers impayés, de 2 000 EUR d'occupation indue et de frais de procédure ;
- fixé les charges de chauffage à 1 836,27 EUR (2014/2015) et 913,06 EUR (2015/2016), puis, pour la période du 1er juillet 2015 au 10 août 2016, à la moyenne de consommation des autres logements du bloc 0, sous déduction de 250 EUR d'acomptes.
La locataire a interjeté appel. Elle ne contestait ni la résolution du bail ni les sommes relatives à l'exécution de celui-ci. Elle demandait que la méthode de calcul fondée sur la moyenne des autres logements soit étendue à l'ensemble de la période d'occupation, et non limitée à la période postérieure à sa réclamation du 29 juin 2015. Elle sollicitait également la révocation de la condamnation aux dépens de première instance.
La Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia (recours n° 104/21, sentence n° 096-2021) était composée du président et ponent Albert Andrés Pereira, ainsi que des magistrats Carles Cruz Moratones et Vincent Anière.
Précision : dans la partie consacrée aux conclusions de l'intimé, le texte désigne la partie adverse tantôt comme « Tur », tantôt comme « A SL ». Cette divergence de dénomination n'est pas explicitée dans la décision.
Question de droit
La question posée était de savoir si l'excès de consommation de chauffage, imputable au bailleur en raison d'un thermostat défectueux, devait être mis à la charge de la locataire pour la seule période postérieure à sa réclamation, ou pour l'ensemble de la durée du bail.
Deux points étaient donc en jeu :
- L'imputabilité du dysfonctionnement : la Cour relève que la défectuosité du thermostat, établie par expertise, relevait de la propriétaire. Cette question n'était pas discutée.
- La date d'origine du dysfonctionnement : il s'agissait de déterminer si la surconsommation avait commencé à la date de la réclamation ou dès le début du bail, et, par suite, à partir de quel moment la locataire pouvait être tenue des consommations réelles.
Accessoirement, se posait la question des dépens de première instance, dont la loc
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 28 de maig del 2021. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 28 de maig del 2021 - ROJ: STSJAD 166/2021 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramés testimoni a la Batllia, per al seu coneixement i als efectes escaients, definitivament jutjant, ho pronunciem, manem i signem.- »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 28 mai 2021 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.