JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Massima Analitica Korpus — Il résulte de la décision rendue le 26 septembre 2023 (n° 29/23) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de droit positif applicable en Principauté d'Andorre (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 288/2023 (26 septembre 2023, Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Administrativa)
Décision commentée : Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Administrativa, 26 septembre 2023, ROJ STSJAD 288/2023, ECLI:AD:TSJADAD:2023:288, recours n° 29/23 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un avocat, M. Amorós, fait l'objet d'une procédure disciplinaire engagée par le Col·legi Oficial d'Advocats d'Andorra (désigné « le Sancho » dans la décision) à la suite d'une plainte d'une consœur. Par décision de la Junta disciplinaire de première instance du 10 février 2022, il est déclaré responsable de l'infraction légère prévue à l'article 31.4.c) des statuts collégiaux et à l'article 13.3 de la loi 48/2014 sur l'exercice de la profession d'avocat, et se voit infliger un avertissement écrit.
M. Amorós forme un recours administratif. Dans ce recours, il demande, à titre principal, la nullité de plein droit de « l'incoaci[ó] de l'expedient sancionador », et « altressí tercer » il déclare vouloir assister à la désignation des membres de la Junta disciplinaire de seconde instance. La Junta disciplinaire de seconde instance, désignée par la Junta de Govern le 22 avril 2022, rejette le recours le 11 mai 2022 et confirme la sanction. Le 22 avril 2022, le président de la Junta disciplinaire avait communiqué à l'intéressé la composition de cette juridiction, en lui accordant un délai de cinq jours naturels pour formuler une éventuelle récusation. La décision relève qu'aucune récusation n'a été présentée (non précisé dans la décision : le détail de la composition nominative de la Junta).
Parallèlement, M. Amorós avait introduit un recours contentieux contre l'ouverture de la procédure disciplinaire. Ce recours avait été déclaré irrecevable par un aute du Tribunal de batlles du 10 juin 2022, confirmé en appel, puis un recours d'amparo avait été déclaré inadmissible par le Tribunal constitutionnel.
Dans le présent recours, M. Amorós demande l'annulation de la désignation des membres de la Junta disciplinaire de seconde instance, et la reprise des actes de procédure à un stade antérieur. Il soutient que la désignation aurait dû se faire en sa présence, et par insaculation au sens strict. Le Tribunal de batlles, par jugement n° 15/2023 du 13 février 2023, rejette la demande. M. Amorós interjette appel.
Devant la Sala Administrativa, le Col·legi soutient notamment que les statuts ne prévoient pas la présence d'un tiers à l'acte de désignation, et qu'une coutume de non-participation de l'intéressé est établie depuis plus de trente ans. L'appelant conteste la preuve de cette coutume et réclame la production du procès-verbal de la réunion de la Junta de Govern du 24 mars 2022. Par aute du 25 juin 2023, la Sala n'a pas admis ce document comme pièce nouvelle en appel (non précisé dans la décision : les motifs détaillés de cet aute).
Question de droit
La décision pose deux questions principales.
La première porte sur la nature de l'acte attaqué et sur la recevabilité de la demande. La Sala relève que la désignation de la juridiction disciplinaire de seconde instance est un acte de simple procédure (acte de tràmit), qui ne met pas fin à la procédure. Seule la résolution du 11 mai 2022, qui rejette le recours administratif et confirme la sanction, est définitive et susceptible de recours contentieux. La Sala note que la demande « podia haver estat inadmesa », sans en tirer de conséquence formelle, puisqu'elle rejette l'appel sur le fond.
La seconde porte sur le fond. Il s'agit de déterminer si l'absence de M. Amorós à l'acte de désignation constitue, au regard du Code de l'administration (CA), une transgression « totale et absolue » de la procédure légalement établie (art. 50 c) CA, nullité de plein droit), ou
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa ha vist el recurs d'apel·lació número TSJA 0000029/2023. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 26 de setembre del 2023 - ROJ: STSJAD 288/2023 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« En la tramitació d'aquestes actuacions han estat observades les prescripcions legals, i ha estat ponent la magistrada Sra. Elsa Puig Muñoz, la qual expressa el parer del Tribunal. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Segon.- Confirmar la sentència recorreguda i declarar que la resolució és ajustada a dret i als fins que legitimen l'activitat administrativa. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de droit positif applicable en Principauté d'Andorre ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 26 septembre 2023 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.