JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 03 octobre 2025 (n° 5000526/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
OTBAT, Penal, 3 octobre 2025, ROJ OTBAT 357/2025
Décision commentée : Batllia d'Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale du 3 octobre 2025, ROJ OTBAT 357/2025, ECLI:AD:TBATAD:2025:357 (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue ci-dessus est celle qui figure dans le texte intégral (intitulé, numéro ROJ et identifiant ECLI). Le numéro de procédure est indiqué comme « recurs 5000526/2025 », le numéro d'instruction du dossier étant laissé en blanc (« XXXX ») dans le texte.
Faits et procédure
Selon l'ordonnance, M. Benitez, né en 1996, de nationalité marocaine et résidant en Principauté, conduisait un véhicule automobile immatriculé en Andorre, le 2 août 2025 vers 00 h 09, dans la ville d'Andorre-la-Vieille. Des agents du Service de police, ayant observé des symptômes laissant penser à une consommation de substances, ont suivi le véhicule puis procédé à son contrôle. Ils ont relevé un regard éteint et des yeux fortement rougis. Le conducteur aurait alors déclaré être consommateur sporadique de marihuana ou de produits similaires.
Un test salivaire (drogotest) s'est révélé positif au THC, résultat que l'intéressé a accepté. Le réactif a été transmis à un organisme de contrôle, dont l'analyse a également conclu à une présence positive de THC. Le 9 septembre 2025, le résultat a été notifié à l'intéressé et son permis de conduire a été retiré, le dossier étant transmis au Batlle instructeur.
Le casier judiciaire fait apparaître des mentions défavorables qui ne sont pas prises en compte au titre de la récidive. La consultation préalable prévue par l'article 164 du Code de procédure pénale a été réalisée avec le Ministère public et l'avocat de garde.
Le texte ne précise pas la date exacte de la signature, seule la date de résolution (3 octobre 2025) étant renseignée dans les métadonnées. Le résumé automatique (« Resum I.A. ») figurant sur la page ne fait pas partie de la décision et n'a pas été pris en compte dans la présente analyse.
Question de droit
Le juge devait répondre à trois questions :
- Qualification. Les faits constituent-ils le délit mineur de conduite d'un véhicule automobile sous l'effet de drogues, prévu et réprimé par l'article 268.1 du Code pénal ?
- Imputabilité et individualisation. La responsabilité pénale de l'auteur est-elle établie, et quelle peine doit être prononcée en l'absence de circonstances modificatives, compte tenu des articles 56 et 61 et suivants du Code pénal relatifs à la fixation et à la suspension de la peine ?
- Accessoires procéduraux. Quelles conséquences tirer en matière de dépens (articles 174 et 175 du Code de procédure pénale
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST els presents autes d'instrucció registrats amb el número XXXX, seguides contra Benitez nascut el 30/01/1996 a BENI-CHIKER-NADOR (MARROC), fill de Escudero i Manzano, i de nacionalitat Marroc , i resident al Principat d'Andorra, en relació als següents, »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 03 d'octubre del 2025 - ROJ: OTBAT 357/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 268.1) — mentionné sous « article 268.1 del Codi Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 166) — mentionné sous « article 166 ter del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 164) — mentionné sous « article 164 del Codi de procediment penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 56) — mentionné sous « article 56 del Codi penal »
- Llei 9/2005
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT. De l'informe del Servei de Policia número J-4351-25 de data 02 d'agost del 2025 n'apareix que Benitez el dia 2 d'agost de 2025 vers les 00,09 hores conduïa el vehicle automòbil marca ORG_0 matricula andorrana XXXX acompanyat d'altra persona pel Carrer Doctor Vilanova de la vila d'Andorra la Vella, quan a l'alçada de la plaça Rebes s'han creuat amb agents del Servei de Policia que a l'observar la cara del conductor amb símptomes d'estar sota els efectes d'alguna substància, l'han seguit i l'han controlat al Carrer Prat de la Creu de la mateixa vila.… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Quart.- Notificar la present ordenança penal personalment a la persona interessada, assistit de lletrat, així com al Mgfc. Ministeri Fiscal. La present resolució és ferma i executòria, llevat que s'hi faci oposició en aquest acte d'acord amb les disposicions de l'article 165 del Codi de procediment penal. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 03 octobre 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.