JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 07 novembre 2025 (n° 1001175/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
OTBAT 326/2025 (ECLI:AD:TBATAD:2025:326)
Décision commentée : OTBAT 326/2025 (ECLI:AD:TBATAD:2025:326) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La présente décision est une ordonnance pénale rendue le 7 novembre 2025 par la Batllia d'Andorre-la-Vieille (recours n° 1001175/2025, rapporteur : Mme Alexandra Terés Erich). Elle a été rendue selon la procédure de l'ordonnance pénale, qui permet de statuer sans audience de jugement.
Les faits retenus concernent M. Morell, de nationalité géorgienne, non résident en Principauté et sans antécédents pénaux inscrits au registre andorran. Trois épisodes sont relevés dans la joaillerie « ORG_0 », à Andorre-la-Vieille :
- le 1er septembre 2019, la soustraction d'une bague en or d'une valeur de coût de 8 200 euros, prélevée dans un étalage ;
- le 23 février 2020, une tentative de soustraction d'une bague de 5 000 euros, interrompue par la gérante de la boutique, qui a refermé la vitrine ;
- le même jour, vers 14 h 30, la soustraction d'une montre d'une valeur de 21 000 euros et de boutons de manchette de 500 euros. Le gérant a constaté la disparition et interpellé l'auteur, qui a finalement déposé la montre à terre avant de s'enfuir.
La décision relève que la gérante de la seconde boutique a déclaré, le 12 mars 2020, ne pas souhaiter déposer plainte, la bague ayant été récupérée. Le préjudice a été réclamé par le ministère public au nom de la joaillerie, pour 8 200 euros et 500 euros, par diligences des 5 décembre 2019 et 16 mars 2021. Le texte ne précise pas la valeur retenue pour la montre dans le cadre de la réclamation civile.
Sur le plan procédural, la décision relève que la consultation préalable du ministère public et du défenseur désigné a été menée conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale (CPP). Elle vise également un indult de grâce du 10 juillet 2025, accordé par les Coprinces, dont le bénéfice est demandé pour les infractions commises avant le 26 juin 2025.
Question de droit
La décision pose plusieurs questions, dont trois peuvent être relevées :
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« I RESULTANT.- Que de la instrucció del sumari número XXXX n'apareix que, Morell - nascut el 14/07/1982 a Tkibuli (Geòrgia), de nacionalitat georgiana, fill de Hoyos i Nogués, no resident al Principat- en data 01/09/2019 vers les 18 hores aproximadament, va sostreure de l'aparador situat al costat de la porta d'entrada de la joieria " ORG_0", radicada al Carrer Roc dels Escolls, núm. 2, de la vila d'Andorra la Vella, un anell d'or groc anomenat "Emotion Multi-Coloured Ring" de la marca Faberger, amb numeració única … »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 07 de novembre del 2025 - ROJ: OTBAT 326/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de Procediment Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de Procediment Penal vigent »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 65.3) — mentionné sous « article 65.3 del Codi Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 166) — mentionné sous « article 166 ter del Codi de Procediment Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 163.2) — mentionné sous « article 163.2 del Codi de procediment penal en cas que no es pugui fer el pronunciament al respecte de »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 94) — mentionné sous « article 94 del Codi Penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« En data 23/02/2020 vers les 12 hores, Morell intentà novament sostreure un anell valorat amb un preu de cost de 5.000 euros, d'una de les vitrines de l'interior de la ORG_1. Que, en veure la gerent de dita joieria, que Morell agafava amb la seva mà dreta dit anell, aquesta l'agafà pel canell, dient-li que ho deixés estar, deixant-lo Morell, i tancant novament la vitrina en clau. Una volta tancada la vitrina, es dirigí envers Morell dient-li "has vingut a robar, i afegint amb anglès truco a la policia", fet que va provocar que Morell marxés de dita joieria.… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« La present resolució és ferma i executòria, llevat que s'hi faci oposició d'acord amb les disposicions de l'article 165 del Codi de Procediment Penal vigent. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 07 novembre 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.