JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 11 novembre 2025 (n° 4000552/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
OTBAT 282/2025 (Batllia, Andorre-la-Vieille, 11 novembre 2025)
Décision commentée : OTBAT 282/2025, Batllia, Andorre-la-Vieille, 11 novembre 2025, ECLI:AD:TBATAD:2025:282 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une ordonnance pénale du 19 septembre 2024, M. Barba a été condamné pour deux infractions. La première est un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile sous l'effet de stupéfiants (article 268.1 du Code pénal), sanctionné par soixante jours d'arrêt nocturne, dont quinze fermes, assortis d'un suivi thérapeutique et d'une suspension de quatre ans, ainsi que par une privation du permis de conduire de dix mois et une amende. La seconde est une contravention de possession et de consommation de cannabis ou de substance de toxicité similaire (article 499 du Code pénal), sanctionnée par quinze jours d'arrêt nocturne avec sursis et une amende. Cette décision a été notifiée personnellement à l'intéressé, qui l'a acceptée, de même que le ministère public. Elle est devenue définitive le jour même.
Selon les constats du directeur du département des institutions pénitentiaires, l'intéressé ne s'est présenté à aucune des dates prévues au centre pénitentiaire pour l'exécution des quinze jours d'arrêt nocturne, du 19 septembre au 2 octobre 2024 (rapports des 20, 23, 24, 25 et 27 septembre 2024). Sur la base de ces communications, le juge d'instruction n° 4 a, par un acte du 16 avril 2025, ordonné la déduction d'un testimoni aux fins de poursuite pour délit mineur de bris de peine d'arrêt (crebantament de pena d'arrest, article 428.5 du Code pénal).
Par un acte du 5 août 2025, la peine privative de liberté prononcée dans la première affaire a été déclarée éteinte par application du décret d'indulte du 16 juillet 2025, la procédure se poursuivant pour l'exécution de l'amende et des dépens. Le 11 novembre 2025, l'intéressé a été interpellé à son domicile. Entendu, il a déclaré ignorer avoir été condamné à un arrêt nocturne, ne pas se souvenir de la date de notification, et avoir été hospitalisé au service de santé mentale durant la période concernée, les psychiatres ayant indiqué que l'établissement viendrait le chercher, ce qui n'aurait pas été fait. Il a suggéré la production d'un certificat d'hospitalisation.
La décision commentée est une ordonnance pénale rendue par la Batlle (juge unique) sur ce nouveau chef. La procédure préalable comprenait une consultation avec le ministère public et l'avocat de garde, conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale (CPP). Le dossier comporte également des antécédents judiciaires défavorables.
Question de droit
La décision soulève principalement quatre questions :
-
Les éléments constitutifs du délit de bris de peine d'arrêt (article 428.5 du Code pénal) sont-ils réunis lorsque le condamné ne se présente pas, durant la période fixée, au centre pénitentiaire pour l'exécution d'un arrêt nocturne ?
-
La détermination de la peine doit-elle tenir compte de circonstances modificatives, en l'absence de celles-ci, selon l'article 56 du Code pénal ?
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST els presents autes d'instrucció registrats amb el número XXXX, seguits contra: »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 11 de novembre del 2025 - ROJ: OTBAT 282/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 268.1) — mentionné sous « article 268.1 del Codi Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 166) — mentionné sous « article 166 ter del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 164) — mentionné sous « article 164 del Codi de procediment penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 428.5) — mentionné sous « article 428.5 del Codi penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 56) — mentionné sous « article 56 del Codi penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Barba, nascut el 22/03/1992 a Andorra la Vella (Andorra), fill de Daniel i de Laura, de nacionalitat andorrana, i resident al Principat d'Andorra, en relació als següents, »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« La present resolució és ferma i executòria, llevat que s'hi faci oposició en aquest acte d'acord amb les disposicions de l'article 165 del Codi de procediment penal. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 11 novembre 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.