JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 10 septembre 2009 (n° A156/09) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Civil, 10 septembre 2009, ATSJAD 171/2009
Décision commentée : ATSJAD 171/2009 (ECLI:AD:TSJADAD:2009:171A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans le cadre d'un procès civil enregistré sous le numéro B-1835-5/2003 et tramité selon la procédure abrégée, Mme Tejada a engagé une action contre M. Querol. Par un jugement (aute) du 8 mai 2009, rendu par le Batlle (juge unipersonnel de la section civile), la juridiction de première instance a tranché le litige. Les parties et le ministère public ont été notifiés les 13 et 18 mai 2009.
Par écrit déposé le 29 mai 2009, Mme Tejada a interjeté appel contre cette décision. Une ordonnance (providència) du 12 juin 2009, notifiée le jour même, a ordonné la transmission des pièces originales au Tribunal supérieur de justice et a invité les parties à comparaître devant lui pour formaliser l'appel dans un délai de quinze jours.
Pendant la phase de formalisation, la procuratrice de Mme Tejada a déposé, le 26 juin 2009, un écrit par lequel sa mandante déclarait se désister de l'appel, tout en sollicitant qu'aucune condamnation aux dépens ne soit prononcée à son encontre.
Le ministère public, saisi de cet écrit, a indiqué dans son rapport du 10 juillet 2009 qu'il ne s'opposait pas au désistement. M. Querol, partie intimée, a déclaré le 14 juillet 2009 accepter le désistement, sans prendre position sur les dépens.
Le tribunal a été saisi sous la référence A156/09 (également TSJC-0156/09). Le rapporteur est Jean Louis Vuillemin, assisté de Joan Manel Abril Campoy et d'Eulàlia Amat Llari. La décision revêt la forme d'un aute, c'est-à-dire d'une ordonnance statuant sur un incident de procédure.
Question de droit
La question posée au tribunal est de nature procédurale. Il s'agissait de déterminer si un appelant peut, en cours d'instance d'appel et avant formalisation du recours, se désister de celui-ci, et à quelles conditions ce désistement emporte extinction de l'instance. Une question subsidiaire portait sur le sort des dépens.
La décision précise la nature du désistement. Elle le définit comme la déclaration par laquelle la partie demanderesse manifeste sa volonté d'abandonner la procédure en cours, sans renoncer à la prétention exercée ni au droit sur lequel elle se fonde. Elle en tire deux conséquences : le désistement met fin à la procédure par un aute qui laisse la question
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« A la vila d'Andorra la Vella, a 10 de setembre de 2009 Reunida la sala Civil del M.I. Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, sota la presidència del M.I. Sr. Jean Louis Vuillemin, i els magistrats M.I. Sr. Joan Manel Abril Campoy i M.I. Sra. Eulàlia Amat Llari, ha adoptat la resolució següent; »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 10 de setembre del 2009 - ROJ: ATSJAD 171/2009 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« VIST que en el marc dels autes del judici civil registrat amb el número B-1835-5/2003, tramitat pel procediment abreujat, instat per la Sra. Tejada contra el Sr. Querol, la representació processal del primer, mitjançant escrit presentat en data 29 de maig del 2009, va interposar recurs d'apel·lació contra l'Aute dictat en data 8 de maig del 2009, per l'Honorable Batlle actuant com a tribunal unipersonal de la Secció Civil, notificat a les parts i al Ministeri Fiscal, en dates 13 i 18 de maig del 2009, respectivament.… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així per aquesta nostra resolució, de la qual en serà tramès testimoni a l'Honorable President de la Batllia, per al seu coneixement i per a la seva execució, ho pronunciem, manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 10 septembre 2009 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.