JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 20 septembre 2018 (n° 45/18) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 64.4), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 64.4) (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 281/2018 (20 septembre 2018), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Penal), 20 septembre 2018, STSJAD 281/2018, ECLI:AD:TSJADAD:2018:281, recours n° 45/18 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une Ordenança Penal du 13 juin 2017, M. Corbacho a été déclaré coupable d'un délit majeur de lésions commises avec des objets ou moyens susceptibles de causer des lésions plus graves à la victime. Il a été condamné à une peine de trois mois de presó condicional qualificada (emprisonnement avec sursis qualifié), assortie d'une obligation de suivre un traitement médical adapté à sa pathologie jusqu'à sa sortie médicale ou pendant quatre ans. Le délai de suspension de la condamnation a été fixé à quatre ans.
Par un aute (décision d'incident) du 2 avril 2018, le batlle, statuant sur requête du Ministère public, a révoqué le bénéfice de la suspension et ordonné l'exécution ferme de la peine de trois mois d'emprisonnement.
M. Corbacho a interjeté appel. Sa défense sollicitait, à titre principal, l'annulation de la révocation ; à titre subsidiaire, la modification des conditions initiales ; à titre plus subsidiaire, la révocation partielle. Elle faisait valoir que l'incarcération serait très préjudiciable à l'évolution personnelle et sociale du condamné, présentant un taux de déficience de 37 %, et que celui-ci avait partiellement exécuté ses obligations, en se rendant aux visites de juin à septembre 2017 et en tentant de mener une vie autonome.
Le Ministère public s'est opposé au recours. Il relevait, sur la base des rapports versés au dossier, que le condamné n'avait pas suivi le traitement prescrit par l'UCA (unité de soins en addictologie) et avait changé de domicile sans en informer le batlle.
La Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia était composée de MM. Yves Picod (président), Mme Marie Conte (rapporteure) et Mme Fàtima Ramírez Souto.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si, en cas d'inexécution des conditions attachées à la suspension de la condamnation, le juge pouvait révoquer totalement cette suspension au regard de l'article 64.4 du Code pénal, qui autorise la révocation partielle ou totale ou la modification des conditions. Elle devait également apprécier si la demande tendant à « modifier » ou suspendre l'obligation de traitement, formulée par le condamnat, pouvait
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'Aute de data 2 d'abril del 2018 dictat per l' Hble. Batlle a la causa de referència, seguida per un delicte major de lesions amb objectes o mitjans amb perill de causar lesions més greus a la víctima, els components de la Sala Penal Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la M. I. Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 20 de setembre del 2018 - ROJ: STSJAD 281/2018 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 64.4) — mentionné sous « article 64.4 del Codi Penal disposa que "en cas d'incompliment de les condicions de la suspensió el t »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 64.2) — mentionné sous « article 64.2 del Codi Penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: que mitjançant Ordenança Penal de data 13-6- 2017, es condemnà a Corbacho, com autor responsable d'un delicte major de lesions amb objectes o mitjans amb perill de causar lesions més greus a la víctima, a la pena de 3 mesos de presó condicional qualificada a seguir tractament mèdic adequat a la seva patologia fins l'alta mèdica o per un període de 4 anys, amb un termini de suspensió de la condemna de 4 anys. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 64.4) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 20 septembre 2018 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.