JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 29 novembre 2019 (n° A038/19) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, —
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (ROJ ATSJAD 229/2019 ; ECLI:AD:TSJADAD:2019:229A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnances pénales du 9 janvier 2018, rendues dans la procédure enregistrée sous le numéro 5080012/2018, deux personnes ont été condamnées. M. Pla a été reconnu auteur responsable d'un délit majeur de menaces non conditionnelles commises avec arme, et condamné à sept mois d'emprisonnement avec sursis, le délai de suspension étant fixé à quatre ans. Mme Plana a été reconnue auteure responsable d'une contravention pénale de lésions dolosives, et condamnée à quinze jours d'arrêts nocturnes avec sursis. Le juge a par ailleurs déclaré la responsabilité civile de Mme Plana, en renvoyant la fixation de l'indemnisation à la phase d'exécution, ainsi que les dépens, y compris les honoraires d'avocat des parties, sur le fondement de l'article 238 du Code de procédure pénale. Pour M. Pla, la responsabilité civile n'a pas été tranchée et les dépens, incluant les honoraires d'avocat de l'office, ont été mis à sa charge.
Pendant la phase d'exécution, un aute du 7 mai 2018 a laissé en suspens la fixation des honoraires d'avocat et des taxes judiciaires, à acquitter solidairement par MM. Pla et Mme Plana jusqu'à la fermeté de la décision.
Par aute du 22 février 2019, le Batlle a fixé ces honoraires à la somme de 906,28 euros (honoraires, IGI et taxes), au profit de l'avocat de la partie civile, M. Escudero.
La représentation de Mme Plana a interjeté appel. Elle sollicitait la révocation de cette décision et la fixation des honoraires à 292,60 euros, somme qui, selon elle, devait être supportée par les parties civiles identifiées dans la décision (Mme U. et M. M.). Elle faisait valoir :
- que le montant de 1 000 euros alloué au titre de la responsabilité civile à un autre intervenant devait être pris en compte ;
- que la norme n° 13 était applicable ;
- que l'intervention de l'avocat se limitait à sa comparution à l'audience de l'ordonnance pénale, sans demande indemnitaire formulée à cette occasion ;
- que la réclamation chiffrée avait été présentée par écrit le 9 février 2018 ;
- qu'il n'était pas raisonnable que les honoraires soient pratiquement égaux au montant alloué au titre de la responsabilité civile.
Le ministère public s'en est remis à la sagesse de la Sala penal. L'avocat de la partie civile s'est opposé à l'appel et a invoqué les normes orientatives du Collège des avocats d'Andorre, notamment les normes 21.2.a), 21.1, 21.7, 21.14 et 13.1.
Question de droit
La question posée à la Sala penal du Tribunal supérieur de justice d'Andorre était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si le juge chargé de l'exécution pouvait fixer les honoraires d'avocat de la partie civile en tenant compte non seulement du montant alloué au titre de la responsabilité civile, mais aussi des actes accomplis par l'avocat dans la procédure. D'autre part
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra el aute de data 22 de febrer de 2019 dictat per la Batlle instructora en la causa de referència. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 29 de novembre del 2019 - ROJ: ATSJAD 229/2019 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.-RESULTANT: que en el marc del procediment registrat sota el número 5080012/2018, van recaure sengles Ordenances penals en data 9-1- 2018 condemnant a Pla i a ENTITY_4; »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 29 novembre 2019 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.