JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 08 mars 2022 (n° 21/21) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Constitucio del Principat d'Andorra (1993) (art. 10.2), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Constitucio del Principat d'Andorra (1993) (art. 10.2) (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
STSJAD 54/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:54), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, 8 mars 2022
Décision commentée : STSJAD 54/2022 (ECLI:AD:TSJADAD:2022:54), Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Ple, 8 mars 2022, recours n° TSJ 0021/2021 (Lire sur source officielle)
Note : la référence initialement transmise (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence complète a été relevée dans le texte de la décision.
Faits et procédure
Par une sentence du 18 mai 2021, le Tribunal constitucional a partiellement accueilli le recours d'amparo formé par M. Benitez. Il a déclaré que le droit fondamental de celui-ci à un procès de durée raisonnable, reconnu à l'article 10.2 de la Constitution, avait été violé. Il a également reconnu le droit du requérant à être indemnisé des préjudices subis, rejeté le moyen tiré de la violation du droit à une décision motivée en droit, et constaté l'absence de lieu à statuer sur les dépens.
Le Tribunal constitucional n'a pas fixé de durée déterminée de retard injustifié. Il a seulement relevé, de manière générique, que quatre années de traitement de la procédure en première instance, dans l'affaire de droit du travail, n'étaient pas justifiées.
M. Benitez a saisi le Tribunal superior de justícia d'une action en responsabilité patrimoniale de l'État pour fonctionnement anormal de l'administration de la justice. Il demandait la somme de 18 000 euros au titre des préjudices moral et économique, ainsi que les dépens, y compris les taxes judiciaires et les honoraires d'avocat. Il évaluait lui-même le retard à six ans.
Le ministère public ne s'est pas opposé à la demande et a laissé l'évaluation du préjudice à l'appréciation du tribunal, en estimant qu'elle ne devait pas excéder 500 euros par année de retard. Le Gouvernement a proposé une indemnisation globale de 2 000 euros, correspondant à 500 euros par année des quatre années de retard reconnues, et a conclu au rejet du surplus des prétentions ainsi qu'à l'absence de condamnation aux dépens et honoraires.
Le texte ne précise pas le fondement légal de la responsabilité de l'État retenu par le tribunal (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée au Ple était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer l'étendue du préjudice indemnisable résultant d'une violation du droit à un procès de durée raisonnable, en particulier au regard de la fraction du délai imputable à une dilation indue. Il s'agissait, d'autre part, de décider s'il y avait lieu de prononcer une condamnation aux dépens de la procédure d'indemnisation.
Le tribunal rappelle sa doctrine constante, déjà reprise de la jurisprudence du Tribunal constitutionnel : la notion de durée raisonnable n'est pas absolue. L'appréciation tient compte, d'une part, du comportement des parties et des organes judiciaires et, d'autre part, de la complexité intrinsèque de l'affaire. Il en découle qu'une indemnisation ne peut couvrir l'intégralité du temps écoulé, « puisque tout le délai écoulé ne peut pas être considéré comme indu » (traduction de fundament
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Ple del Tribunal Superior de Justícia, format pels Magistrats abans esmentats, ha vist les presents actuacions iniciades pel Sr. Benitez, amb l'acció en responsabilitat patrimonial de l'Estat per causa de funcionament anormal de l'Administració de Justícia, en la qual són parts el Ministeri Fiscal i el Govern d'Andorra. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence STSJAD ANDORRA, a 08 de març del 2022 - ROJ: STSJAD 54/2022 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Constitucio del Principat d'Andorra (1993) (art. 10.2) — mentionné sous « article 10.2 de la Constitució »
- Constitucio del Principat d'Andorra (1993) (art. 10) — mentionné sous « article 10 de la Constitució »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Ha estat ponent la magistrada Sra. Alexandra Cornella Sola qui expressa el parer del Tribunal. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra sentència, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Constitucio del Principat d'Andorra (1993) (art. 10.2) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 08 mars 2022 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.