JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 07 février 2023 (n° A117/22) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 47/2023 (ECLI:AD:TSJADAD:2023:47A)
Décision commentée : ATSJAD 47/2023, Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala Civil, 7 février 2023, ECLI:AD:TSJADAD:2023:47A (Lire sur source officielle)
Note méthodologique : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI). Le « Résumé I.A. » qui accompagne la décision dans la base n'émane pas du tribunal et n'a pas été utilisé comme source.
Faits et procédure
La présente décision est un « aute » rendu par la Sala Civil du Tribunal superior de justícia (TSJA) sur appel formé par Mme Mercader contre une décision du juge de première instance du 5 avril 2022. Ce dernier avait rejeté dans son intégralité l'impugnation qu'elle avait formée, le 20 avril 2021, contre un acord d'execució (acte d'exécution) et un acord d'embargament (saisie) pris par le Saig (officier de justice chargé de l'exécution).
Les faits, tels qu'exposés dans la décision, sont les suivants. Le litige d'origine oppose Mme Mercader à la Comunitat de titulars del Domini útil de l'Aparthotel Bonet (communauté des titulaires du domaine utile de l'immeuble). Une procédure déclarative a été engagée le 16 février 2017 par une demande de citation à comparaître formée par Mme Mercader elle-même. La communauté défenderesse a soulevé une exception de défaut de qualité à agir, contestée le 20 juin 2017. Les parties ont produit leurs preuves, puis leurs conclusions (24 octobre 2017). Un aute a été rendu le 16 novembre 2017 et notifié le 28 novembre 2017.
Dans la phase d'exécution, le Saig a pris un acord d'execució, daté dans la décision du 13 juillet 2018 (fondement premier) mais aussi, dans le fondement quatrième, du 13 juillet 2017 (date vraisemblablement erronée, non corrigée dans le texte), puis un acord d'embargament le 3 août 2018. Selon le premier fondement, ces actes ont été notifiés à l'intéressée le 15 avril 2021.
Mme Mercader soutenait, en première instance comme en appel, deux moyens : d'une part, n'avoir jamais été régulièrement citée dans la procédure déclarative ayant abouti à l'aute du 16 novembre 2017, ce qui emporterait violation de son droit à la défense et à un procès équitable ; d'autre part, ne pas avoir la qualité de partie passive, n'étant pas propriétaire de l'unité immobilière en cause.
Question de droit
La décision pose, implicitement, deux questions.
La première est de savoir si une partie ayant participé effectivement à chacun des actes de la procédure déclarative peut utilement invoquer une absence de citation pour contester une mesure d'exécution fondée sur le jugement rendu dans cette procédure.
La seconde, relevée d'office par le tribunal, est de savoir si une irrégularité affectant la notification de l'acte d'exécution, qui a privé le débiteur de la possibilité de l'impugner valablement et a conduit à la saisie de ses biens, justifie l'annulation des actes subséquents et la réouverture de la phase d'exécution.
Le tribunal ne se prononce pas sur la question de la qualité de propriétaire, qu'il écarte comme étant sans incidence
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Andorra la Vella, el 7 de febrer del 2023. En nom del Poble Andorrà.- »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 07 de febrer del 2023 - ROJ: ATSJAD 47/2023 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Reunida la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquest nostre aute, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 07 février 2023 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.