JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation partielle
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 20 décembre 2023 (n° A064/23) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation partielle).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) (cassation partielle), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 270/2023 (Tribunal supérieur de justice d'Andorre, Sala Penal, 20 décembre 2023)
Décision commentée : ATSJAD, Penal, 20 décembre 2023 (ROJ : ATSJAD 270/2023 ; ECLI:AD:TSJADAD:2023:270A) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 21 février 2021, le condamné, désigné sous le nom de Valverde en tête de l'arrêt et sous les initiales D.S. dans les motifs, a été condamné pour un délit majeur de lésions dolosives commises à l'aide d'armes, d'objets ou de moyens dangereux susceptibles de causer la mort ou des lésions plus graves à la victime. Il a été condamné à dix mois d'emprisonnement, avec sursis pendant un délai de suspension de quatre ans. Cette décision est devenue définitive, aucune partie ne s'y étant opposée.
Au cours du délai de suspension, le condamné a été condamné, par ordonnance pénale du 15 juillet 2022 rendue dans le cadre de la cause de garde n° 527/2022, pour un délit mineur de conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 g/l de sang. Les faits, commis à la même date, ont donné lieu à une peine d'un mois d'arrêt nocturne conditionnel, assortie d'une obligation de traitement, à une privation du permis de conduire de dix mois et à une amende de 400 euros.
Par aute du 15 juin 2023, la juge d'instruction (Batlle instructora) a révoqué totalement la suspension de la peine de dix mois de prison. La peine est devenue ferme.
Le condamné a formé appel par l'intermédiaire de son avocate, Mme Porras. Elle soutenait que les faits justifiant la nouvelle condamnation étaient sans lien avec ceux du premier dossier, qu'il ne s'agissait pas d'une récidive délictuelle et qu'aucun élément ne démontrait une augmentation de la dangerosité du condamné. Elle demandait à titre principal une révocation partielle ne dépassant pas trois jours de prison, et à titre subsidiaire une substitution par une peine d'arrêt. Dans son rapport du 21 septembre 2023, le ministère public concluait à la confirmation de l'aute. Il faisait valoir que le condamné avait déjà été condamné à quatre reprises pour le même délit de l'article 268.1 du Code pénal, ce qui traduirait un mépris manifeste des normes sociales.
Question de droit
La décision soulève deux questions. La première porte sur l'étendue de la révocation du sursis : l'article 64.3 du Code pénal impose-t-il une révocation totale, ou le juge peut-il ordonner une révocation partielle lorsque le condamné a commis une nouvelle infraction pendant le délai de suspension ? La seconde concerne la possibilité, pour la juridiction d'appel, de substituer à la peine révoquée une modalité d'exécution moins sévère, en l'occurrence
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 15 de juny de 2023 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per un delicte major de lesions doloses utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent el Sr. Yves Picod. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 20 de desembre del 2023 - ROJ: ATSJAD 270/2023 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 268.1) — mentionné sous « article 268.1 del Codi penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 21 de febrer de 2021 es condemnà Valverde per un delicte major de lesions doloses utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, s'imposà, entre altres, una pena de 10 mesos de presó condicional, amb un termini de suspensió de la pena de quatre anys. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 20 décembre 2023 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.