JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — irrecevabilite
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 18 avril 2024 (n° TSJP 0000025-2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 195), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (irrecevabilite).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi de procediment penal (text refós) (art. 195) (irrecevabilite), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Penal, 18 d'abril del 2024 (ROJ : ATSJAD 48/2024)
Décision commentée : ATSJAD, Penal, 18 avril 2024, ROJ : ATSJAD 48/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:48A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision émane de la Sala Penal du Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, siégeant en formation de trois magistrats : Yves Picod, Fátima Ramírez Souto (ponente) et Jaume Tor Porta. Elle est rendue sous la forme d'un aute (ordonnance) le 18 avril 2024, dans le recours n° TSJP 0000025-2024, s'inscrivant dans la procédure pénale n° 6000056/2023.
La procédure de première instance vise plusieurs personnes, dont Nuñez (désignée ailleurs dans le texte comme « la processada B. »), pour un délit majeur continu d'introduction et de vente de drogue toxique (cocaïne), prévu à l'article 282.1 du Code pénal, et un délit mineur continu de consommation de drogue toxique, prévu à l'article 284.1 du même code.
Par aute du 9 février 2024, pris en application de l'article 116 ter du Code de procédure pénale, le Tribunal de Corts a fait droit à une demande formée par le ministère de la Justice et de l'Intérieur, par lettre du 16 janvier 2024. Il a autorisé l'usage d'un véhicule Volkswagen Golf, immatriculé XXXX, à des fins d'intérêt public. Le ministère a été chargé des frais d'entretien et de conservation du véhicule et de la responsabilité de son usage, les taxes restant à la charge de la titulaire, Nuñez. Le Service de police a été invité à mettre le véhicule à disposition de ce ministère. L'aute indiquait qu'il pouvait faire l'objet d'un recours d'appel dans les cinq jours de sa notification, devant le Tribunal Superior de Justícia, en vertu de l'article 195 du Code de procédure pénale.
La représentation de Nuñez a formé appel le 23 février 2024. Par ordonnance du 27 février 2024, le Tribunal de Corts a convoqué les parties devant la Sala Penal. Le ministère public, par rapport du 13 mars 2024, a conclu à la confirmation de la décision attaquée, au motif que la prévenue avait pleine connaissance du placement sous main de justice du véhicule et que l'État supportait désormais les frais de maintenance et de conservation.
Les éléments de fait relatifs à la nature précise de l'enquête, aux motifs de la demande du ministère et aux circonstances de l'usage du véhicule ne figurent pas dans la décision (non précisé dans la décision).
Question de droit
La Sala devait déterminer si une décision du Tribunal de Corts, prise en cours d'instruction, qui autorise l'util
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« I.- RESULTANT: en la causa núm. 6000056/2023 seguida entre altres, contra Nuñez per un presumpte delicte major continuat d'introducció i venda de droga tòxica cocaïna i per un presumpte delicte menor continuat de consum de droga tòxica cocaïna, tipificats i penats respectivament als articles 282.1 i 284.1 del Codi penal, per Aute de data 9 de febrer de 2024 i en seguiment al que disposa l'article 116 ter del Codi de procediment penal, el Tribunal de Corts decideix: »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 18 d'abril del 2024 - ROJ: ATSJAD 48/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (irrecevabilite), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 195) — mentionné sous « article 195 del Codi de Procediment Penal" »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 78) — mentionné sous « article 78 del Codi penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 77) — mentionné sous « article 77 del Codi penal" »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 116) — mentionné sous « article 116 ter del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 194) — mentionné sous « article 194 del Codi de procediment penal- que seria en el present cas »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 200) — mentionné sous « article 200 del Codi de Procediment Penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« "Primer. Donar lloc a la petició formulada pel Ministeri de Justícia i Interior, per carta tramesa en data 16 de gener del 2024 i autoritzar que el vehicle Volswagen Golf, matrícula XXXX sigui utilitzat amb una finalitat d'interès públic. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 195) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 18 avril 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.