JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 25 juillet 2024 (n° TSJP 0000035/2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 115.2), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 115.2) (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 68/2024 (ECLI:AD:TSJADAD:2024:68A)
Décision commentée : ATSJAD 68/2024 (ECLI:AD:TSJADAD:2024:68A) (Lire sur source officielle)
Note de vérification : la référence fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence canonique retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ ATSJAD 68/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:68A).
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 10 mai 2020, M. Durán a été condamné, comme auteur d'un délit majeur de lésions dolosives commises avec des moyens ou objets susceptibles de causer la mort ou des lésions plus graves à la victime (article 115.2 du Code pénal), à une peine de quinze mois d'emprisonnement, dont cinq mois ferme et le surplus en peine conditionnelle qualifiée. Le sursis était assorti d'un délai d'épreuve de quatre ans, d'une obligation de suivre avec aprovechamiento le programme de promotion de conduites non violentes, et d'une interdiction de contact avec la victime pendant quatre ans. Les peines complémentaires comprenaient également une interdiction de contact, une privation du permis de conduire de vingt-quatre mois, ainsi que le paiement des frais, de la responsabilité civile et la confiscation du véhicule.
Cette décision est devenue ferme le jour même, les parties n'ayant pas formé opposition. Le condamné a été informé de ses conditions de sursis en présence de son conseil et a déclaré y consentir.
Saisi par le Ministère public, le batlle instructor a rendu, le 17 janvier 2024, un aute (ordonnance) révoquant partiellement la peine conditionnelle. Après avoir constaté que le condamné avait méconnu à deux reprises, les 20 mai et 9 juin 2021, l'interdiction de contacter la victime, il a fixé le temps d'exécution à deux mois d'emprisonnement, en régime de semi-liberté, sans contrôle électronique. Cet aute a été notifié au condamné le 1er mars 2024.
Le condamné a formé appel le 25 mars 2024. Il soutenait que la révocation, totale ou partielle, serait facultative et non obligatoire ; que sa situation personnelle n'aurait pas été rigoureusement appréciée, notamment l'impossibilité de voir son épouse et ses quatre enfants ; qu'il n'avait été condamné qu'une seule fois pendant le délai d'épreuve, pour des faits anciens de trois ans ; qu'il avait suivi le programme gouvernemental, exerçait un emploi stable de serveur et était socialement intégré. Il demandait la révocation totale de l'aute, ou à défaut la non-révocation du sursis. Le Ministère public, dans son rapport du 19 avril 2024, a conclu au rejet de l'appel.
Il convient de relever que le texte présente une incohérence sur le quantum de la peine conditionnelle : le résumé et les faits mentionnent quinze mois dont cinq fermes, soit dix mois conditionnels, tandis que le fondement I évoque une condamnation de « sis (6) mesos » conditionnels et que le dispositif de l
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Núm. de Rotlle: TSJP 0000035/2024 Núm. de Causa: 2080076/2020 NIG: 5300516220200000177 »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 25 de juliol del 2024 - ROJ: ATSJAD 68/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 115.2) — mentionné sous « article 115.2 del Codi penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 64.4) — mentionné sous « article 64.4 del Codi penal és d'aplicació obligatòria »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 17 de gener del 2024 dictat pel Batlle Instructor en la causa de referència, seguida per un delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0'8 grams d'alcohol per litre de sang, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent la magistrada Sra. Fátima Ramírez Souto. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 115.2) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 25 juillet 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.