JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 07 novembre 2024 (n° 61/2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra, que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 181/2024 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, 7 novembre 2024)
Décision commentée : ATSJAD 181/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:181A (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence « Juridiction andorrane, — » fournie avec la décision n'étant pas une référence canonique, la référence retenue ici est celle figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI).
Faits et procédure
Le requérant, M. Bermudez, a sollicité le 14 décembre 2022 devant le Tribunal de Corts la cancellation de ses antécédents pénaux. Le casier faisait apparaître deux condamnations pour délit mineur de désobéissance grave à l'autorité administrative.
La première, prononcée par ordonnance pénale du 9 janvier 2019 (causa n° 1080015/2019), portait sur quarante jours d'arrêt domiciliaire conditionnel, avec un délai de suspension de deux ans, dont le contenu a été exécuté. Par un aute du 20 janvier 2023, le Tribunal de Corts a fait droit à la cancellation de cet antécédent.
La seconde, prononcée par sentence du 22 octobre 2020 (causa n° 6000149/2019, faits du 19 mars 2019), infligeait un mois d'arrêt domiciliaire ferme, avec la circonstance aggravante de récidive. Le texte précise que l'exécution de cette peine n'était pas constatée « à ce jour ».
Saisi d'une nouvelle demande, le Tribunal de Corts a rejeté la cancellation par aute du 2 mai 2024, au motif que les conditions des articles 87 et 88 du Code pénal n'étaient pas réunies. Le conseil du requérant a interjeté appel pour défaut de motivation, défaut de proportionnalité et atteinte au droit de la défense. Le Ministère public a conclu à la confirmation par écrit du 14 juin 2024.
La formation de la Sala Penal, composée des magistrats Yves Picod (rapporteur), Jaume Tor Porta et Alexandra Cornella Solà, a statué par aute du 7 novembre 2024.
Question de droit
La question posée était double. Il fallait déterminer, d'une part, à partir de quel moment court le délai de deux ans exigé pour la cancellation d'antécédents relatifs à un délit mineur, au sens des articles 87 et 88 du Code pénal. Il fallait déterminer, d'autre part, si le rejet de la demande emportait une atteinte disproportionnée ou aux garanties procédurales.
Le cadre normatif est rappelé par la Cour dans les termes suivants. Le bénéfice de la réhabilitation, et donc la cancellation des antécédents, suppose :
« 1.- Que hagin satisfet en la mesura del que sigui possible la responsabilitat civil que dimana del delicte. »
« 2.- Que hagi transcorregut el termini (...) de cinc anys per la resta de penes imposades per delictes majors i el termini de dos anys per les penes imposades per delicte menors. »
« 3.- Que no hagin comès cap delicte dolós durant el període que correspongui. »
Selon la décision, l'
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 2 de maig del 2024 dictat pel Tribunal de Corts en la causa de referència, seguida per un delicte menor de desobediència greu a l'autoritat administrativa, els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió. És ponent el magistrat Sr. Yves PICOD. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 07 de novembre del 2024 - ROJ: ATSJAD 181/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra (art. 72)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: Per compareixença efectuada davant el Tribunal de Corts en data 14 de desembre de 2022, Bermudez ha sol·licitat la cancel·lació d'antecedents penals. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Vistos els articles 72 i 185 del Codi de Procediment Civil d'Andorra i l'article 10 de la Constitució d'Andorra ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 07 novembre 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.