JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — irrecevabilite
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 12 juin 2025 (n° 209/2024-02) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (irrecevabilite).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 334.4) (irrecevabilite), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 95/2025 (ECLI:AD:TSJADAD:2025:95A)
Décision commentée : ATSJAD 95/2025 (ECLI:AD:TSJADAD:2025:95A), Tribunal superior de justícia d'Andorra, Sala civil, 12 juin 2025 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : le champ « référence canonique » fourni était incomplet (« Juridiction andorrane, — »). La référence retenue est celle figurant dans le texte intégral (ROJ et ECLI). La décision est rédigée en catalan ; les extraits reproduits sont traduits par nos soins.
Faits et procédure
Le requérant, M. Viñas, avait demandé la récusation de trois magistrats (désignés dans la décision par les sigles MGT1, MGT2 et MGT3) dans le cadre de la procédure civile n° 3000121/2024. Par une ordonnance (aute) du 6 novembre 2024, la récusation a été rejetée.
Le 26 novembre 2024, l'intéressé a formé un recours de réposition contre cette ordonnance. Par une ordonnance du 19 mai 2025, la juridiction a requalifié ce recours en appel et accordé à l'appelant un délai de dix jours ouvrables pour justifier du paiement de la taxe judiciaire. Il était expressément averti que, faute de justificatif, son écrit du 26 novembre 2024 ne serait pas admis à la procédure, en application de l'article 6 de la loi sur les taxes judiciaires du 22 juin 2000. L'ordonnance a été notifiée le 20 mai 2025 et le délai est arrivé à échéance le 3 juin 2025, sans production de justificatif.
La décision est rendue par la présidente en fonctions de la Sala civil du Tribunal superior de justícia, Mme Anna Estragués Armengol, sous la forme d'une ordonnance (aute, n° 000126/2025). Le texte ne précise pas la procédure suivie devant la juridiction de première instance à l'égard de la récusation, ni les moyens soulevés au fond par le requérant.
Question de droit
La question posée est double, et la décision l'énonce elle-même en ces termes : il convient d'examiner « en premier lieu la question de la recevabilité du recours, dès lors que la partie appelante n'a pas justifié du paiement de la taxe judiciaire correspondante » (fonds, premier considérant). Il s'agit donc de savoir :
- si le défaut de justification du paiement de la taxe judiciaire, malgré une injonction régulière, entraîne l'irrecevabilité d'un appel formé contre une ordonnance rejetant une demande de récusation ;
- quel sort réserver aux dépens de la
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« La presidenta en funcions de la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia d'Andorra ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 12 de juny del 2025 - ROJ: ATSJAD 95/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (irrecevabilite), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 334.4) — mentionné sous « article 334.4 del Codi de Procediment Civil in fine disposa que "Contra l'aute en què es decideix no a »
- L2018024-proc-civil (art. 325) — mentionné sous « art. 325 del Codi de Procediment Civil »
- article 6 de la Llei de taxes judicials (art. 6)
- article 6 de la Llei de taxes judicials del 22 de juny del 2000 és molt clar i estableix: (art. 6)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« 1.- El 26-11-2024, la part apel·lant formulà recurs de reposició contra l'aute dictat el 6-11-2024 mitjançant el qual es desestimava la recusació per ella promoguda, contra els magistrats Srs. MGT1, MGT2 i Sra. MGT3. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« L'article 334.4 del Codi de Procediment Civil in fine disposa que "Contra l'aute en què es decideix no admetre el recurs d'apel·lació es pot interposar un recurs de reposició". El recurs de reposició s'interposa en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s'hi ha d'adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (art. 325 del Codi de Procediment Civil).… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 12 juin 2025 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.