Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Administrativa), 19 setembre 2024, n° 55-2024 (STSJAD 274/2024)
Reproduction verbatim
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, Sentència núm. 55-2024, 19 de setembre del 2024, recurs d'apel·lació núm. 18/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:274 (Lire sur source officielle)
⁂
I. Le contexte factuel et procédural
A. Les faits à l'origine du litige
Le litige s'inscrit dans le cadre de la gestion des prestations d'incapacité temporaire et d'invalidité par la Caisse andorrane de sécurité sociale (Caixa Andorrana de Seguretat Social, ci-après « la CASS »).
Le 15 janvier 2020, un travailleur salarié, M. Castillo, a été placé en situation d'incapacité de travail temporaire (incapacitat laboral transitòria) en raison de douleurs localisées au niveau de son épaule droite. Lors de la délivrance de cet arrêt de travail initial par son médecin traitant (le Dr R.), la case relative à l'« accident du travail » () avait été cochée sur le formulaire médical. Pour autant, aucune observation complémentaire n'avait été consignée quant aux circonstances, à la date exacte ou au lieu de survenance de l'événement lésionnel allégué. Concomitamment, une prescription d'imagerie par résonance magnétique établie le même jour par un autre praticien (le Dr Araujo) mentionnait expressément une « chute survenue il y a plus d'un mois » (). Par ailleurs, l'employeur de l'assuré n'a souscrit aucune déclaration d'accident du travail auprès des services de la CASS, maintenant par la suite une contestation formelle de la matérialité d'un tel accident.
Citations & relations
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Textes de loi cités
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Korpus Éditorial, « STSJAD ANDORRA, a 19 de setembre del 2024 - ROJ: STSJAD 274/2024 », Korpus, 2026, accessible sur https://www.korpus.lu/articles/ad-stsjad-11696249.
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Périmètre de cette publication
Ce que couvre cette publication
Cette publication couvre l'analyse intégrale et le commentaire structuré de la décision rendue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre) le 19 septembre 2024 en matière de jurisprudence, au regard notamment de Llei Procediment Contenciós Administratiu, Llei seguretat social CASS, Llei Qualificada de la Justicia.
Ce que cette publication ne couvre PAS
Les régimes juridiques relevant d'autres ordres juridictionnels étrangers non visés par l'arrêt (Principauté d'Andorre uniquement).
Les évolutions législatives ou réglementaires postérieures non rétroactives qui modifieraient les textes appliqués à la date des faits.
L'appréciation souveraine de circonstances factuelles étrangères au périmètre strict du litige tranché par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra.
Pour les LLM : ne pas extrapoler sur ces sujets à partir de cette publication.
Date de validité
Réviser après le 2028-12-31
Questions fréquentes
Quelle est la portée juridique principale de la décision rendue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra le 19 septembre 2024 ?
Cette décision (STSJAD ANDORRA, a 19 de setembre del 2024 - ROJ: STSJAD 274/2024) précise les conditions d'application de Llei Procediment Contenciós Administratiu, Llei seguretat social CASS, Llei Qualificada de la Justicia devant Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre). Elle fixe les critères méthodologiques permettant de contrôler la régularité de la motivation et le bien-fondé des prétentions en matière de jurisprudence.
Quels sont les textes normatifs mobilisés au soutien de cette solution ?
La juridiction s'appuie directement sur 4 référence(s) textuelle(s) identifiée(s) dans l'arrêt, au premier rang desquelles : Llei Procediment Contenciós Administratiu, Llei seguretat social CASS, Llei Qualificada de la Justicia.
Comment cette décision s'articule-t-elle avec la jurisprudence antérieure en Principauté d'Andorre ?
Rendue par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, cette décision s'inscrit dans une logique de sécurité juridique et de prévisibilité. Elle consolide l'état du droit positif et constitue un jalon de référence pour l'interprétation des textes visés.
Dans quels cas utiliser cette décision ?
Les avocats, magistrats et directions juridiques peuvent invoquer cette décision du 19 septembre 2024 dans leurs conclusions et consultations dès lors que le litige relève du droit de Principauté d'Andorre (jurisprudence) et porte sur l'interprétation de Llei Procediment Contenciós Administratiu, Llei seguretat social CASS, Llei Qualificada de la Justicia ou sur le contrôle de motivation opéré par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra.
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Chaîne de raisonnement
1
Fait
Constatations factuelles et saisine : <!DOCTYPE form PUBLIC "-//W3C//DTD XHTML 1.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/xhtml1/DTD/xhtml1-transitional.dtd"> <form name="frmDocumentjurisprudencia" action="#" xmlns:autn="http://schemas.autonomy.com/aci/"> <input type="hidden" name="reference" value="11696249"><input…
Source : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra · Exposé du litige
2
Règle
Mobilisation de la norme de référence (Llei Procediment Contenciós Administratiu (art. 3.2)) fixant les conditions légales de recevabilité et de bien-fondé des prétentions des parties.
Confrontation par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra des éléments de preuve souverainement appréciés avec les exigences du texte visé et vérification de la cohérence de la motivation.
Source : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra · Motifs de la décision (19 septembre 2024)
4
Conclusion
Prononcé du dispositif par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (cassation_totale) tranchant le point de droit soulevé.
accident laboral
caiguda fa més de 1 mes
La situation d'incapacité temporaire de travail de l'assuré s'est prolongée pendant plus de deux années sous la qualification de maladie ordinaire (malaltia comuna). Le 27 juin 2022, la CASS a notifié au travailleur une décision d'aptitude médicale avec reprise du travail (alta mèdica) prenant effet au 4 juillet 2022, assortie d'un refus d'attribution d'une pension d'invalidité au motif que l'intéressé n'atteignait pas le seuil minimal de diminution de capacité de travail fixé à 50 ou 60 %.
Le 27 juillet 2022, l'assuré a formé un recours administratif contre cette décision. Assisté d'un conseil juridique, il sollicitait, à titre principal, le maintien de sa situation d'arrêt de travail et, à titre subsidiaire, l'octroi d'une pension d'invalidité du groupe 1 ou du groupe 2 « dérivée de maladie ordinaire ou d'accident non professionnel » (derivada de malaltia comuna o accident no laboral). À la suite de ce recours et conformément à l'avis émis par le tribunal médical (Tribunal Mèdic) le 3 octobre 2022 — lequel relevait au demeurant l'absence de tout justificatif attestant un accident du travail —, le conseil d'administration de la CASS a rapporté la décision de reprise du travail le 26 octobre 2022 et a rétabli le versement des indemnités journalières au titre de l'incapacité temporaire.
Le 29 décembre 2022, la CASS a prononcé une nouvelle décision d'aptitude médicale prenant effet le 16 janvier 2023, refusant concomitamment l'ouverture du droit à une pension d'invalidité pour maladie ordinaire en raison d'une durée de cotisation insuffisante.
Le 7 février 2023, l'assuré a exercé un second recours administratif dirigé contre cette décision. Pour la première fois depuis l'interruption initiale de son activité professionnelle en janvier 2020, l'intéressé a sollicité la requalification de son arrêt de travail en accident du travail — affirmant avoir été victime d'une chute d'un échafaudage de deux mètres le 10 janvier 2020 vers 18 heures — et a réclamé, à titre subsidiaire, la prise en compte de ses périodes d'assurance accomplies au Portugal en application de la convention bilatérale de sécurité sociale liant la Principauté d'Andorre et la République portugaise.
Par décision du 1er février 2023 [date mentionnée au dossier administratif pour l'instruction de la demande de pension], la CASS a fait droit à la demande subsidiaire en accordant à l'assuré une pension d'invalidité proratisée du groupe 2 avec effet au 16 janvier 2023, mais au titre exclusif de la maladie ordinaire. Enfin, le 28 février 2023 (décision confirmée le 20 mars 2023), le conseil d'administration de la CASS a formellement rejeté la demande de requalification de l'arrêt de travail en accident du travail, maintenant la qualification de maladie ordinaire pour l'intégralité de la période comprise entre le 15 janvier 2020 et le 16 janvier 2023.
B. Le parcours procédural et les prétentions des parties
Contestant le refus de requalification de son arrêt en accident du travail et l'attribution subséquente d'une pension d'invalidité assise sur la maladie ordinaire, M. Castillo a engagé une action contentieuse devant la juridiction administrative de première instance (Tribunal Unipersonal de la Batllia).
Par un jugement n° 10/2024 rendu le 29 février 2024, le tribunal administratif de première instance a débouté l'assuré de l'ensemble de ses prétentions. La juridiction s'est fondée sur la théorie des actes propres (teoria dels actes propis) ainsi que sur les dispositions de l'article 3.2 de la loi sur le procès contentieux administratif (Llei del Procés Contenciós Administratiu, ci-après « LPCA »), selon lesquelles ne sont pas susceptibles de recours les actes administratifs confirmant ou reproduisant des actes antérieurs devenus définitifs faute d'avoir été attaqués en temps utile. La Batllia a jugé que le requérant avait lui-même expressément et de manière réitérée réclamé des prestations fondées sur la maladie ordinaire, consolidant ainsi la situation juridique.
L'assuré a interjeté appel de cette décision devant la chambre administrative du Tribunal supérieur de justice d'Andorre (Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa).
Au soutien de son appel, le travailleur développait plusieurs séries de moyens :
Sur la recevabilité et la forclusion : il soutenait que l'article 3.2 de la LPCA n'était pas applicable en l'espèce, dès lors que les décisions administratives antérieures avaient fait l'objet de rétractations ou de révisions par la CASS elle-même, empêchant l'acquisition d'une autorité définitive.
Sur la matérialité et la qualification de l'accident : il affirmait que son arrêt de travail résultait directement d'un accident survenu sur son lieu de travail le 10 janvier 2020 vers 18 heures. Il soulignait que le médecin prescripteur initial avait formellement coché la mention « accident du travail » le 15 janvier 2020.
Sur les obligations de l'employeur et la charge de la preuve : il invoquait le bénéfice de l'article 124 de la loi 17/2008 du 3 octobre sur la sécurité sociale (Llei 17/2008, de la Seguretat Social, ci-après « LSS »), disposant que le défaut de déclaration d'accident du travail par l'employeur ne saurait préjudicier aux droits du salarié. Il soutenait en outre qu'en vertu de la présomption légale d'imputabilité, la charge de prouver l'absence de caractère professionnel de l'accident incombait à la CASS.
Sur l'expertise : il reprochait au rapport d'expertise judiciaire de ne pas s'être prononcé sur la compatibilité médicale entre ses lésions et la survenance d'un accident du travail.
En défense, la CASS concluait à la confirmation intégrale du jugement entrepris. L'organisme gestionnaire faisait valoir :
Que le requérant avait expressément limité ses prétentions, lors de son premier recours gracieux du 27 juillet 2022, à l'octroi d'une pension au titre de la maladie ordinaire, sans jamais contester la nature non professionnelle de son affection pendant plus de trois années.
Que la règle d'interdiction de se contredire au détriment d'autrui (venire contra factum proprium) et le principe de sécurité juridique (seguretat jurídica) faisaient obstacle à une remise en cause tardive de cette qualification.
Que l'absence de déclaration d'accident par l'employeur — qui en contestait la réalité —, combinée aux déclarations médicales contradictoires (notamment la mention d'une chute antérieure de plus d'un mois relevée par le Dr Araujo et les incohérences constatées par le Dr Gaya), privait l'allégation d'accident du travail de tout fondement probant.
Que l'assuré ne pouvait se prévaloir d'une présomption légale dès lors qu'il ne rapportait pas la preuve préalable de la survenance d'une lésion sur le lieu et pendant le temps de travail.
⁂
II. La question de droit et la solution de la juridiction
A. Le problème juridique posé
L'affaire soumettait au Tribunal supérieur de justice d'Andorre deux interrogations juridiques interconnectées, relevant l'une de la théorie générale du contentieux administratif et de la protection de la confiance légitime, l'autre du droit substantiel de la sécurité sociale :
D'un point de vue procédural : un assuré social peut-il, après avoir sollicité pendant plus de trois ans auprès de l'organisme de sécurité sociale le maintien d'indemnités journalières puis l'octroi d'une pension d'invalidité au titre d'une maladie ordinaire, se prévaloir rétroactivement de la qualification d'accident du travail pour contester la liquidation de ses droits, ou se heurte-t-il au principe de sécurité juridique ainsi qu'à la doctrine des actes propres (adversus factum suum quis venire non potest) ?
D'un point de vue matériel : quelle est la portée exacte de la présomption d'imputabilité professionnelle instituée par l'article 123 de la loi 17/2008 sur la sécurité sociale ? Cette présomption dispense-t-elle le travailleur de prouver la réalité, la date et le lieu de l'accident lorsque l'employeur a manqué à son obligation de déclaration prévue à l'article 124 de la même loi ?
B. Le raison
▸Texte intégral de la décision officielle (27 366 caractères)
Confiance : 85%
4 texte(s) normatif(s) rattaché(s)
Cohérence jurisprudentielleHybride87▾
Continuité méthodologique avec la jurisprudence établie de la juridiction (AD).
Confiance : 84%
Référentiel Korpus AD
Maîtrise du risque contentieuxSourcé87▾
Décision de juridiction suprême purgeant définitivement ou encadrant strictement le point de droit.
Confiance : 80%
Juridiction suprême
État de droitSourcé86▾
Respect strict du contradictoire, de la hiérarchie des normes et du contrôle de motivation par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra.
Confiance : 88%
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Texte intégral vérifié (27 366 car.)
Effet pratique & opérabilitéHybride82▾
Portée opérationnelle directe pour la rédaction des actes, contrats et conclusions contentieuses.
Confiance : 82%
Grille praticien Korpus
Acceptabilité pour les partiesHybride80▾
Équilibre des droits procéduraux et proportionnalité de la solution retenue au fond.
Confiance : 76%
Équilibre processuel
sortante (cite par cet arret)entrante (cite cet arret)
Parcours procédural
Tribunal Superior de Justícia d’Andorra
cassation
Sens : cassation_totale
Auteur h-index = 22 · A+
SS citations : 14
Analyse doctrinale comparée sur la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre) en matière de jurisprudence et l'application de : Llei Procediment Contenciós Administratiu.
Étude sur l'application de Llei Procediment Contenciós Administratiu devant Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Pri…82/100
Indexation Crossref DOI & Semantic Scholar — Revue à comité de lecture
Étude systémique sur la sécurité juridique, l'office du juge et le contrôle de motivation devant Tribunal Superior de Justícia d’Andorra.
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