Juridiction monégasque (commission-arbitrale-loyers-commerciaux), 12 juin 2019, n° 18212
Décision commentée : Juridiction monégasque (commission-arbitrale-loyers-commerciaux), 12 juin 2019, n° 18212 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte sous seing privé du 6 mai 2009, la société civile particulière A (ci-après « la SCI A ») a donné à bail à la société anonyme monégasque B (ci-après « la SAM B ») des locaux commerciaux. Par exploit du 28 avril 2017, la SCI A a délivré congé à la SAM B pour l'échéance du 30 avril 2018.
Par acte du 24 janvier 2018, la SCI A a saisi le Président du Tribunal aux fins de tentative de conciliation sur le montant de l'indemnité d'éviction, et de fixation de ce montant, le cas échéant par voie d'expertise. La conciliation n'ayant pas abouti, un procès-verbal de non-conciliation a été dressé le 14 février 2018.
Par exploit du 16 mars 2018, la SAM B a assigné la SCI A devant la Commission arbitrale des loyers commerciaux aux fins de désignation d'un expert chargé d'évaluer l'indemnité d'éviction, en sollicitant la précision de certains points de la mission de l'expert. Par jugement avant-dire-droit du 19 septembre 2018, la Commission a ordonné une mesure d'expertise et commis l'expert BO.
La mission de l'expert a pris fin après que les parties se sont entendues directement. Saisi d'une requête de l'expert tendant à sa décharge et à la taxation de sa mission, le Président de la Commission a rendu une ordonnance le 2 mai 2019, puis une ordonnance de renvoi le 3 mai 2019 pour l'audience du 12 juin 2019.
À cette audience, les conseils des parties ont déposé des conclusions. La SCI A y formulait un désistement d'instance et d'action, la SAM B acceptait ce désistement, et les deux parties demandaient que chacune conserve la charge de ses propres dépens.
Observation liminaire : le numéro de rôle figurant dans le texte intégral est C2018/000002. Le numéro « n° 18212 » de la référence canonique n'apparaît pas dans le texte fourni. Il est retenu ici à titre de référence canonique, sans vérification de son attribution.
Question de droit
La décision soulève deux questions techniques de procédure civile.
La première est de savoir si un désistement d'instance et d'action remplit les conditions de forme posées par l'article 410 du Code de procédure civile monégasque, et si, étant accepté par la partie adverse, il produit ses effets. La Commission relève que le désistement est accompagné d'une procuration spéciale donnée par la SCI A à son avocat-défenseur, et qu'il a été « expressément accepté dans les mêmes formes » par la défenderesse.
La seconde porte sur les conséquences du désistement, au regard de l'article 412 du même code, et sur l'effet d'une convention des parties écartant la règle relative aux frais. La décision ne reproduit pas le contenu de cet article. Elle indique seulement que l'alinéa 2 de l'article 412 pose une règle relative aux frais et