Cour d'Appel de Monaco, 07 décembre 1976, n° 25843
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 décembre 1976, n° 25843 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux W.-M. ont divorcé par un jugement du Tribunal de première instance de Monaco du 6 mai 1976, prononcé aux torts réciproques des époux. Ce jugement a également réglé le droit de visite du père sur l'enfant commune, E. Ce jugement faisait l'objet d'une instance d'appel distincte, que la Cour a expressément exclue de son examen.
Le président du Tribunal de première instance, statuant en référé, a rendu trois ordonnances successives :
- une ordonnance du 21 mai 1976, qui imposait à la mère de remettre l'enfant au père pour un week-end ;
- une ordonnance du 18 juin 1976, qui organisait l'hébergement nocturne de l'enfant chez le père durant certains week-ends et périodes estivales ;
- une ordonnance du 6 août 1976, qui rejetait l'exception d'incompétence soulevée par la mère, maintenait les dispositions de l'ordonnance du 18 juin et fixait des périodes de visite supplémentaires jusqu'à décision définitive sur le divorce.
Le juge des référés se fondait, dans chacune de ces décisions, sur l'article 10, alinéa 5, de l'Ordonnance du 3 juillet 1907. Par ailleurs, une ordonnance de référé du 4 juin 1976 avait désigné Mme L. et le Docteur R. aux fins d'enquête ; leurs rapports sont invoqués par le père.
La mère a interjeté appel des trois ordonnances. Dans ses conclusions, elle soutenait subsidiairement que le droit de visite devait s'exercer trois fois par semaine au domicile maternel, et demandait en outre, au fond, le prononcé du divorce à ses torts exclusifs, la garde de l'enfant, un droit de visite limité à deux jours par semaine et le versement de pensions alimentaires. Le père soutenait que les ordonnances étaient devenues sans intérêt, les juges des référés n'ayant pu statuer pendant la période de vacations, et concluait à la confirmation du jugement du 6 mai 1976. Le ministère public a conclu verbalement à l'incompétence du juge des référés.
Question de droit
La question posée à la Cour était la suivante : le juge des référés, saisi d'une demande tendant à organiser le droit de visite d'un parent, peut-il statuer sur le fondement de l'article 10, alinéa 5, de l'Ordonnance du 3 juillet 1907, alors que l'article 831 du Code de procédure civile, dans sa rédaction issue de la loi n° 894 du 14 juillet 1970, attribue au juge tutélaire la connaissance, à l'exclusion de toute autre juridiction, des demandes tendant à titre principal à organiser le droit de visite ?
Cette question comportait deux aspects. Le premier concernait la nature de la demande : une demande de droit de visite formée à titre principal relève-t-elle du champ de l'article 831 ? Le second portait sur l'articulation entre les deux textes : le second, plus récent et plus spécial, a-t-il écarté le premier, ou une compétence concurrente subsiste-t-elle ?
Solution et dispositif
La Cour a d'abord relevé que les trois appels ne portaient que sur les ordonnances de référé, à l'ex