Cour d'Appel de Monaco, 21 novembre 1989, n° 25556
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 21 novembre 1989, n° 25556 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La Banque Libanaise pour le Commerce poursuit la vente sur saisie immobilière d'un appartement situé à Monaco dont Mme L. B., divorcée S., est propriétaire. Le commandement de payer est daté du 15 mars 1989, le procès-verbal de saisie du 30 mai 1989, et la transcription à la Conservation des hypothèques du 26 mai 1989. La sommation d'avoir à comparaître à l'audience de règlement, datée du 20 juin 1989, est délivrée à une adresse correspondant à cet appartement, à la personne du fils de la saisie, qui se charge de la remettre à sa mère. L'audience de règlement se tient le 13 juillet 1989, sans comparution de la partie saisie.
Par jugement du 5 octobre 1989, le Tribunal de Première Instance ordonne la publication du cahier des charges, constate que les formalités légales ont été remplies et fixe l'adjudication au 29 novembre 1989 sur une mise à prix de 5 450 000 F, avec publicité supplémentaire. Mme B. relève appel le 9 octobre 1989.
Dans ses conclusions du 14 novembre 1989, l'appelante sollicite la nullité du commandement de payer et de la procédure subséquente. Elle invoque, d'une part, l'absence de signification préalable de l'ordonnance présidentielle du 30 janvier 1989 ayant rendu exécutoire à Monaco l'acte notarié français fondant les poursuites, d'autre part sa méconnaissance de la procédure avant l'audience de règlement, les significations ayant été faites à une adresse monégasque alors que la banque avait reconnu, dans une autre procédure, que le domicile de l'intéressée se situait à Paris. La banque oppose, par note en délibéré déposée le même jour, l'irrecevabilité de ces conclusions, ainsi que la déchéance encourue au titre de l'article 654 du Code de procédure civile.
Question de droit
La Cour doit trancher plusieurs questions successives :
- Des conclusions déposées à l'audience de plaido