Cour d'Appel de Monaco, 29 avril 1996, n° 26496
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 29 avril 1996, n° 26496 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un client, E. H., bénéficiaire d'un prêt destiné à l'achat d'un manège forain, avait versé en juin 1991 la somme de 8 000 francs en espèces à P. P., négociant en matériel forain, qui s'était proposé de s'occuper de son dossier. La banque lui réclamait ensuite 2 400 francs au titre de frais de dossier, ce que le client contestait. Dans l'information ouverte, P. P. reconnut avoir remis cette somme, quelques jours après l'avoir reçue, à P. T., cadre d'exploitation commerciale à la succursale monégasque de la Société de banque et d'expansion, à la demande de E. H.
P. T. confirma avoir reçu cette enveloppe, mais déclara l'avoir déposée sur le compte de E. H. La remise est située par lui au cours de l'année 1992, et il indiqua que P. P. lui avait alors remis plusieurs autres enveloppes correspondant à des remboursements de prêts. Le bordereau de versement, daté du 27 novembre 1991, porte une signature de P. P. que P. T. reconnut avoir imitée, expliquant qu'il avait l'habitude de signer au nom du client pour les versements en espèces. E. H. n'a pu être entendu.
Par plainte du 12 juillet 1993, la Banque régionale d'escompte et de dépôts et sa filiale la Société de banque et d'expansion ont visé P. T. pour corruption, en invoquant également l'escroquerie et l'abus de confiance. Le tribunal correctionnel, par jugement du 14 novembre 1995, a relaxé P. T. et débouté les parties civiles de leurs demandes. Seules les parties civiles ont interjeté appel, le 23 novembre 1995. Le ministère public a déclaré ne pas avoir relevé appel. Les appelantes demandaient la qualification pénale des faits et la condamnation de P. T. à des dommages-intérêts au profit de la Société de banque et d'expansion, employeur du prévenu. P. T. soulevait l'irrecevabilité de l'appel isolé des parties civiles, en sollicitant en outre des dommages-intérêts pour procédure abusive et l'application de l'article 700 du Code de procédure civile français.
Question de droit
La décision pose deux questions.
La première est de savoir si la partie civile, seule appelante, peut remettre en cause une décision de relaxe prononcée sur l'action publique, alors que le ministère public n'a pas relevé appel. La Cour répond par une distinction : l'appel de la partie civile ne remet pas en cause la chose jug