Cour d'Appel de Monaco, 07 avril 2015, n° 13201
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 avril 2015, n° 13201 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un chasseur employé par une société anonyme monégasque a fait l'objet d'un blâme notifié le 28 juillet 2009. Une mise à pied lui a ensuite été notifiée le 23 janvier 2012, puis suspendue le 6 mars 2012. Le litige porte sur la tâche de saisie et de transmission informatique des fiches de police, que l'employeur avait confiée aux chasseurs. Le salarié a refusé cette tâche, estimant qu'elle le détournait de sa mission d'accueil de la clientèle.
Saisi par le salarié, le Tribunal du travail, par jugement du 10 avril 2014, l'a débouté de sa demande d'annulation du blâme et de dommages-intérêts pour sanction abusive. Il a déclaré recevables mais sans objet la demande d'annulation de la mise à pied et la demande de paiement de 800 euros bruts à titre de salaire. Il a estimé que la tâche litigieuse constituait une simple modification des conditions de travail relevant du pouvoir de direction de l'employeur, et que le blâme était proportionné.
Le salarié a interjeté appel par exploit du 21 mai 2014, le jugement ayant été signifié le 22 avril 2014. Il demandait l'annulation du blâme et la condamnation de l'employeur à 2 500 euros de dommages-intérêts. L'intimée a soulevé une exception d'irrecevabilité au visa de l'article 61 de la loi n° 446 du 16 mai 1946, au motif que la demande, chiffrée à 2 500 euros, était inférieure au seuil de 6 000 euros.
La cour d'appel n'a statué que sur cette exception, la procédure ayant été fixée à l'audience du 31 mars 2015 pour être plaidée uniquement sur la recevabilité de l'appel. L'issue au fond : (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée était de savoir si l'appel d'un jugement du Tribunal du travail est recevable lorsque le salarié demande l'annulation d'une sanction disciplinaire et y associe une demande de dommages-intérêts chiffrée en deçà du seuil légal. Plus précisément, il fallait déterminer si la demande d'annulation d'une sanction doit être qualifiée de déterminée, par référence au montant réclamé, ou d'indéterminée, par référence à son objet.
L'article 61 de la loi n° 446 du 16 mai 1946, modifié par la loi n° 1.375 du 16 décembre 2010, subordonne l'appel à une condition de montant : « Si la demande est supérieure à 6.000 euros, il peut être interjeté appel du jugement du Tribunal du travail devant la Cour d'appel ». La cour devait donc apprécier la nature de la demande au regard de ce critère.
Solution et dispositif
La cour écarte l'exception d'