Cour d'Appel de Monaco, 28 mars 2017, n° 15949
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 28 mars 2017, n° 15949 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les époux se sont mariés à Monaco le 1er juillet 2008, sous le régime légal de la séparation de biens. Un enfant, né le 22 août 1999, est issu de cette union. L'épouse a introduit une action en divorce le 15 octobre 2014.
Par jugement du 14 avril 2016, le Tribunal de première instance a prononcé le divorce aux torts partagés, ordonné la liquidation et le partage des intérêts communs, rejeté la demande de prestation compensatoire de l'épouse, fixé la résidence de l'enfant au domicile de la mère et mis à la charge du père une contribution mensuelle de 1 250 euros. Il a également écarté plusieurs pièces des débats.
L'épouse a relevé appel le 24 mai 2016. Elle sollicitait la réformation partielle du jugement sur la prestation compensatoire, qu'elle chiffrait à 1 500 000 euros, et la confirmation du jugement pour le surplus, notamment sur le prononcé du divorce aux torts partagés. Elle demandait en outre la confirmation des griefs tirés des violences de son mari et de sa relation adultère. L'époux a formé un appel incident partiel tendant à voir prononcer le divorce aux torts exclusifs de l'épouse et à la confirmation du rejet de la prestation compensatoire.
La Cour a d'abord écarté la pièce n° 45, présentée comme le bilan de la société A, au motif que l'absence de certification par un expert-comptable n'en garantissait ni l'origine ni la fiabilité, malgré la traduction produite ultérieurement.
Question de droit
La décision soulève deux questions distinctes, fondées sur les articles 197 et 204-5 du Code civil, tels que visés dans les motifs.
La première porte sur la preuve d'un grief de violence conjugale, dont la matérialité était contestée par l'époux, et sur sa qualification au regard de l'article 197 : le divorce pour faute suppose des faits « constituant une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage rendant intolérable le maintien de la vie commune ». Il s'agissait de déter